
Dur dur d'être écolo une fois qu'on est mort.
Ce constat peut paraître un peu ridicule et pourtant, il faut bien le reconnaître on pollue à mort, même dans l'au-delà.
Et le principal responsable de cette pollution, c'est le cercueil.
Notre dernière demeure a un impact énorme sur l'environnement mais pas moyen de s'en passer, en France le cercueil est obligatoire.
En chêne en hêtre ou en pin le plus souvent.
Selon une enquête de Terra Eco, "
90.000 m3 de bois sont abattus chaque année en France pour mettre en bière près de 540.000 trépassés."
A cela il faut ajouter quelques litres de solvants, de vernis ou de laque, des poignées, des vis et des charnières métalliques dont la durée de vie se compte en centaines d'années, et dans près de la moitié des cas, plusieurs litres de formol pour la conservation.
Sans oublier le capitonnage. Ce voilage que l'on dispose tout autour du cercueil pour l'habiller. Il est généralement 100% polyester c'est-à-dire absolument pas biodégradable.
Le tout est déposé en terre ou dans des caveaux de plus en plus construits en béton et PVC. Comme retour à la terre, on a vu mieux... toutes ces substances favorisent l'acidification des sols et la dégradation des milieux aquatiques.
A entendre cela les écolo doivent se retourner dans leur tombe.
De ce point de vu, la crémation représente un avantage certain. Elle est choisie par un Français sur trois. Mais sur le plan énergétique, cette méthode est un gouffre... elle nécessite une température moyenne de 800 à 1000 degrés et l'opération dure près de deux heures.
Aujourd'hui heureusement des solutions existent pour atteindre une vie éternelle plus verte. A commencer par des cercueils écolo, en carton généralement. Fabriqués à base de cellulose, ils sont aussi légers que résistants et leur prix est en moyenne 5 fois moins élevé qu'un cercueil classique... compter entre 100 et 600 euros. Les sociétés
Euro Iris ou
ça cartonne ont développé des gammes qui vont de la simple bière au cercueil personnalisé et décoré. Mais le concept a encore du chemin à faire pour s'imposer. Le cercueil en carton est encore perçu comme une solution au rabais.
Autre possibilité, l'
urne biodégradable. C'est le principe de la mort qui donne la vie.
A l'intérieur de ce récipient en carton et en liège, on peut mettre du terreau et y planter des graines de pin d'Alep. Les cendres du défunt servent alors d'engrais. Non seulement l'impact écologique est minime mais en plus c'est bon pour l'environnement.
En Grande Bretagne, on trouve carrément des
cimetières boisés. Des espaces où les défunts sont enterrés dans des cercueils biodégradables et où les pierres tombales sont remplacées par des arbres. Près de 200 de ces sites existent à travers le pays.
En France, la loi n'autorise pas ce type de lieu, mais à
Pruillé près d'Angers on trouve le parc des arbres de mémoire. Des arbres d'une douzaine d'essences différentes que les familles peuvent choisir et au pied desquels elles viennent déposer les cendres de l'être cher.
Et si pour vous la couleur du paradis est moins verte que grand bleu, rassurez-vous, la société américaine
Eternal reef a pensé à tout. A partir de 2000 euros elle propose d'intégrer les cendres des défunts à des coraux. Ces récifs du souvenir sont ensuite placés au fond des océans au large des Etats-Unis. Les poissons vous voueront, c'est sûr, une reconnaissance éternelle.
Grégory LESCA, pour la Rédaction.