
Depuis la Préhistoire, les hommes fréquentent ce mont sacré où, à présent, le monastère reçoit annuellement des milliers de visiteurs.
Perché à 763 mètres d'altitude, ce lieu de pèlerinage a aussi reçu la visite de personnages célèbres, tel le pape Jean-Paul II.
Et, que d'étranges faits et légendes à cette altitude…
Naguère, au VIIe siècle, le sommet du «
Odilienberg », Mont Sainte-Odile en allemand, était occupé par un château qui servait de résidence pour les beaux jours d'été au duc Etichon, le père d'Odile.
Née en 662 à Obernai, dans le Bas-Rhin, et décédée vers 720 à Hohenbourg, Odile était la fille du duc d'Alsace Adalric (ou Ethic ou Etichon, nom tudesque) et de Berswinde, nièce de saint Léger.
Ce dernier, né en 615 sur les bords du Rhin, eut les yeux et la langue arrachés par ses ennemis, mais recouvra miraculeusement la parole deux ans plus tard. Il fut finalement décapité le 2 octobre 678, Odile avait 14 ans.
Vers 700, elle devint abbesse du monastère de Hohenbourg (Mont Sainte-Odile) fondé par son père.
Canonisée au XIe siècle par le pape Léon IX, elle fut proclamée Patronne de l'Alsace en 1946.
Une canonisation visiblement bien méritée…
En 950, un texte anonyme raconta la légende de la jeune fille, véritable miraculée…
Ainsi, le duc aurait préféré avoir un garçon plutôt qu'une fille, d'autant plus qu'Odile était née aveugle.
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Elle déshonore la famille et elle doit mourir ! décida-t-il.
Heureusement, Berswinde veillait et parvint à convaincre son mari que la petite n'était pas «
maléfique ». Il accepta qu'elle soit confiée à une nourrice, ce qui fut fait.
Ainsi, elle fut accueillie par sa tante, abbesse au monastère de Balma.
Lorsqu'elle eut 13 ans, saint Erhard, un moine irlandais, évêque d'Ardagh (Comté de Longford) qui se trouvait en Bavière, fut frappé d'une vision : Dieu lui demandait de se rendre à Balma afin de baptiser une jeune fille.
Il se rendit au monastère et prononça la formule sacramentelle suivante : «
Au nom de Jésus-Christ, sois désormais éclairée des yeux du corps et des yeux de l'âme. »
Aussitôt, l'adolescente Odile recouvra la vue !
Ce miracle fit grand bruit mais ne calma pas pour autant la méchanceté d'Adalric. Que du contraire ! Alors qu'il aurait dû se réjouir lorsqu'il vit sa fille accompagnée de son frère Hugues, il tua ce dernier.
Plus tard, il se repentit et offrit à Odile le château, qu'elle transforma aussitôt en monastère.
Néanmoins, comme les malades ne pouvaient y accéder, elle fit construire à leur attention un monastère dit d'en bas.
A sa mort, en 720, un important pèlerinage se forma autour de son tombeau et on venait de loin pour l'implorer afin qu'elle soulage ou guérisse les maladies des yeux.
Le couvent fut vendu à la Révolution, mais, en 1853, l'évêché le racheta et lui redonna sa destination originale sous les statues dédiées à la sainte et non loin de son sarcophage disposé dans une chapelle attenante au cloître. Les tombeaux de ses parents sont également conservés en ce haut lieu de la chrétienté.
En-dessous du monastère et de ses installations annexes, est érigé «
le mur païen » (terme donné par le pape Léon IX), soit une enceinte mégalithique d'une dizaine de kilomètres qui fait le tour du Mont Sainte-Odile pour former une sorte de ceinture de pierre formée de quelque 300.000 blocs cyclopéens, mesurant entre 1,60 et 1,80 mètre de large pour, parfois, atteindre une hauteur de trois mètres.
Ce mur comme le site du monastère occasionnent encore à l'heure actuelle maintes interrogations et sur un site Internet « insolite », j'ai lu plusieurs propos allant souvent dans le même sens, celui d'être en présence d'un endroit puissant dans le domaine du tellurisme.
Mais, pour en revenir aux hypothèses «
officielles », il y a celles évoquant une enceinte défensive, une enceinte culturelle, datant du IIe siècle avant Jésus-Christ, d'autres chercheurs privilégient l'âge du bronze.
Pierre Guelff, auteur des deux tomes de « France mystérieuse, insolite et sacrée » (Editions Jourdan).
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Pierre GUELFF, pour la Rédaction.