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L'avenir nucléaire semble déjà écrit - Publiée le 2-09-2008

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LA CHRONIQUE
Cet été se sont succédé plusieurs incidents considérés comme "mineurs" dans nos centrales nucléaires. De son coté, le chantier de l'EPR à Flamanville s'avère être de plus en plus complexe au vue des nombreux arrêts que des problèmes techniques ont provoqué. Malgré cela, l'industrie nucléaire se porte bien, d'autant mieux qu'elle s'érige aujourd'hui en "seul recours contre le réchauffement climatique". Les perspectives industrielles sont telles que de nombreux états dans le monde relancent cette énergie, considérant qu'elle devrait apporter une solution durable aux besoins en électricité de leur population.


Il est incontestable que si les promesses de la recherche nucléaire sont tenues, nous aurons de quoi faire briller le filament de nos ampoules pour plusieurs millénaires. Mais à quel niveau de risque et à quel prix ? Car les générateurs de quatrième génération, dits à neutrons rapides, seuls capables de transformer l'uranium 238 ou encore le thorium[1], 2 éléments bien plus abondants que l'uranium 235, en électricité, restent des installations sensibles. L'épisode Super Phénix en France nous le montre, mais les défenseurs de la surgénération assurent que l'arrêt de ce prototype n'est pas consécutif à des problèmes de sécurité. Soit.

L'industrie nucléaire et la recherche atomique, qui brassent des sommes considérables au regard de ce qui est investi dans des technologies plus écologiques, imposeront vraisemblablement leurs réacteurs partout sur la planète. Aujourd'hui, environ 450 réacteurs produisent 18% de l'énergie électrique mondiale.
En France, environ 80% de l'électricité produite provient du nucléaire. Ramenée à la consommation totale d'énergie, c'est-à-dire en prenant en compte les autres formes d'énergies consommées comme le carburant dans nos voitures, l'énergie nucléaire ne représente plus que 17%. Le nucléaire n'est donc pas notre bouclier anti-réchauffement climatique, à moins de remplacer l'ensemble du parc automobile par des voitures électriques.

Mais le problème fondamental, qui se situe au niveau mondial, est la forte hausse de la demande d'electricité. Selon l'agence de l'OCDE pour l'Energie Nucléaire (AEN), la puissance nucléaire installée devrait augmenter de 80 % d'ici 2030.

Les besoins en uranium qu'il faudra satisfaire se situeront alors entre 94 000 tonnes et 122 000 tonnes par an, contre 39 603 produites aujourd'hui, et qui ne couvrent que 60% de notre consommation. Le complément provenant en particulier du démantellement des ogives nucléaires. Pour y répondre, il faudra multiplier les mines d'uranium dans le monde, une perspective qui n'est pas réjouissante, et qui semble inéluctable.

Car devant une telle croissance de la consommation d'électricité, que pouvons-nous faire ? Peut-être commencer, individuellement, à traquer dans nos habitudes les gaspillages et à imaginer comment, dans notre quotidien, réduire notre consommation. D'autant que les perspectives en terme de facture ne sont pas n'ont plus réjouissantes, le démantellement des centrales actuelles et le coût de construction des prochaines pèseront certainement à l'avenir de plus en plus lourdement. Et puis, réduire notre consommation peut être aussi une façon de dire non au tout nucléaire, et de peser sur la multiplication d'installations qui représentent, malgré tout le savoir faire des ingénieurs, un danger potentiel pour l'humanité.

[1] Il n'existe qu'un noyau fissile dans la nature : l'isotope 235 de l'uranium et deux noyaux fertiles : l'isotope 238 de l'uranium et l'isotope 232 du thorium.

                olivier, pour la Rédaction.


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