Le réchauffement climatique a pour effet, entre autres, d'élever sensiblement le niveau des mers et océans. Une conséquence qui pourrait se révéler plus que problématique pour l'état des ressources en eaux potable. C'est ce que révèle la récente étude de chercheurs américains de l'université de l'Ohio, dans le nord des Etats-Unis. |
Selon eux, la montée des eaux maritimes pourrait absorber jusqu'à 40% des eaux potables souterraines. Dans de nombreuses régions côtières, les chercheurs ont mis en évidence que l'eau de mer risquait de s'infiltrer dans les eaux douces souterraines du plateau continental, au-delà même des côtes. La contamination serait plus grande sur des côtes bordées de plages de sables que le long des falaises. Une côte plutôt sablonneuse permettant plus facilement aux eaux souterraines de se mélanger à l'eau de mer… A l'inverse, une côte plutôt rocailleuse laisse moins passer l'eau salée… Motomu Ibaraki, professeur d'hydrologie à l'origine de cette étude, estime que la plupart des projections sur l'avenir de l'eau potable restent trop optimistes. On considère habituellement que si la ligne côtière recule de 100 mètres sous l'effet de la montée des mers, alors l'eau douce recule de 100 mètres. Les prévisions des experts américains sont au contraire plus alarmistes. Le recul serait beaucoup plus important, car la structure complexe du sol peut accroître le mélange entre eau salée et eau douce. Le GIEC , le Groupe intergouvernemental sur le climat de l'ONU, prévoit une hausse moyenne du niveau des océans de 14 à 44 centimètres d'ici 2100 en raison du réchauffement climatique. |
Etant donné qu'il faut relativement peu d'eau salée pour rendre l'eau potable impropre à la consommation, même une faible élévation du niveau des océans pourrait avoir un effet très important sur les ressources en eau douce. Si la quantité d'eau disponible sur terre reste constante, la part d'eau potable, elle, diminue plus que jamais. La demande est croissante, alors que les nappes phréatiques diminuent et subissent de plus en plus les pollutions et autres contaminations. L'étude de l'université américaine vient donc renforcer les prévisions les plus alarmistes sur l'état de la ressource, à quelques jours de l'ouverture de la conférence sur le climat qui se tient à Bali à partir du 3 décembre prochain. Ce nouveau cycle de négociation doit déboucher sur de nouveaux accords qui feront suite au protocole de Kyoto qui arrive à échéance en 2012. Plus que jamais l'eau devra être au centre des préoccupations de ce sommet.
La conférence de Bali sur le climat se prépare... philippe, pour la Rédaction. |