Si la France n'est pas en situation de pénurie d'eau à l'image de ce que peuvent vivre beaucoup de pays d'Afrique par exemple, elle n'est pas à l'abris de restrictions de plus en plus fréquentes. Après la sécheresse de 2005, notre pays doit en effet se préparer à une nouvelle année très difficile. L'automne 2005, particulièrement aride, a fait suite à trois années de faibles précipitations, et n'a donc pas permis de recharger correctement les nappes phréatiques. |
Les pouvoirs publics pourraient donc être amenés à décider certaines coupures d'eau, pendant la journée, dans certaines villes durant l'été. Après un hiver froid et sec, les prévisionnistes météo annoncent un redoux et des pluies qui pourraient permettre d'atténuer les risques de sécheresse. Ces pluies et ce redoux vont donc faire fondre le manteau neigeux de certaines régions, comme les Vosges, par exemple. Les sols vont recevoir ainsi des quantités d'eau relativement importantes. Mais cela suffira-t-il ? Rien n'est moins sur. Sur une large partie du territoire il manque en effet entre un tiers et 50 % des pluies traditionnellement enregistrées à cette époque de l'année. Et même si il pleuvait en abondance, la situation resterait encore assez difficile, les orages ne contribuant pas suffisamment à restaurer les nappes, car l'eau ruisselle plus qu'elle ne s'infiltre dans le sol. Les nappes phréatiques se rechargent habituellement de septembre à mars, avec une période plus favorable avant l'hiver. Le printemps pourris ne suffira donc pas à refaire le plein. Les points critiques se trouvent dans le Bassin Parisien, où la nappe de la Craie qui arrose l'ensemble de la région a fortement baissé, dans le sud et l'ouest de la région Centre, le nord Poitou, en Champagne Ardennes et dans le nord Rhône-Alpes. Dans ces régions, 80% des nappes ont des niveaux inférieurs à la normale. |
Seuls le Languedoc Roussillon, la Corse, et une partie de la région PACA affichent une situation normale. Il faudrait donc qu'il pleuve abondamment pour que les nappes reviennent à la normale. Les petites nappes de formation alluviale, les plus réactives, ont vu leur niveau remonter avec les pluies de février et mars, mais pour les grandes nappes à forte inertie (la Beauce, Champigny ou Bassin Parisien) il est un peu tard, car les pluies du printemps ne s'infiltre pas et vont essentiellement à la végétation. Cependant, les prévisionnistes tempèrent ce constat en affirmant que s'il pleut beaucoup, les cultures auraient moins besoin d'être irriguées, et les rivières, elles auraient un niveau suffisant. Il n'en reste pas moins que chacun d'entre nous, de l'agriculteur au particulier, nous devront faire plus attention encore cet été, à ne pas gaspiller inconsidérément notre source première.
Le dossier sécheresse du Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable philippe, pour la Rédaction. |