Grenelle de l'environnement, écopastille, biocarburant, voitures électriques nouvelle génération, la tendance, pour ne pas dire la mode, est à la lutte contre l'effet de serre, mais nous donnons-nous vraiment les moyens d'y parvenir ? Le dernier rapport de l'Agence européenne pour l'environnement (AEE) est sans équivoque possible : l'Union Européenne est loin de remplir ses engagements, notamment en matière de transport. |
Premier pointé du doigt, le transport aérien dont les rejets en gaz à effet de serre ont progressé de 73% en 15 ans dans l'Union Européenne. Le développement des offres low-cost est évidemment à l'origine de l'envolée de l'impact de ce moyen de transport sur le réchauffement climatique. Mais c'est la route qui reste le premier pourvoyeur de gaz à effet de serre. Le transport routier de marchandises a progressé sur la même période de 38% en Europe. En France, toujours selon ce même rapport, l'impact de la route a progressé de 20% de 1990 à 2005, l'Europe des 15 étant responsable de 83% des émissions. Mais des pays comme la Lituanie, la Grèce ou encore la Bulgarie ont vu le nombre d'automobiles par habitants quasi-doubler, la tendance étant générale dans le monde, la Chine et l'Inde connaissant les plus fortes progressions. Face à cette réalité, les solutions proposées sont une amélioration technique des motorisations, l'augmentation progressive de la part des carburants verts dans l'essence et le gazole, et une incitation à prendre les transports collectifs. Des solutions bien insuffisantes pour l'instant face au défi que nous lance le climat. Les biocarburants, qui ont du abandonner cette appellation au profit d'agrocarburant, plus réaliste, sont aujourd'hui fortement critiqués par l'ONU qui craint leur impact sur l'approvisionnement alimentaire mondial. L'électricité, qui est enfin exploitable en terme de d'autonomie, reste une source d'émission de gaz à effet de serre dans les pays où sa production fait appel à des centrales thermiques fonctionnant au charbon ou au pétrole. |

Enfin, les villes ne se désengorgent pas et le transport collectif peine à prendre l'ascendant sur les automobiles. Accès à la liberté de circuler pour les pays émergeants, forte culture automobile qui favorise encore et toujours des cylindrées inadaptées aux réglementations routières en France et en Europe, il semble que l'équation transport / bouleversement climatique soit insoluble. Le rapport de l'Agence européenne pour l'environnement termine d'ailleurs en indiquant que 54 % des citoyens de l'Union Européenne se disent prêts à payer plus cher au nom d'un mode de transport moins polluant, mais leurs critères de choix restent la fonctionnalité et le coût au détriment de la performance environnementale. La hausse quasi-quotidienne du baril de brut aura peut-être raison des dernières réticences, mais dans combien de temps ? La responsabilité de la lenteur de l'évolution des mentalités et de l'inflexion de la politique des constructeurs automobiles incombent d'abord aux élus, qui pour le moment, comme le montrent les critères d'attribution de l'écopastille en France, vont dans le sens de la défense des intérêts de nos régies automobiles et des investissements qu'elles ont consentis dans le développement du moteur diesel. Sources olivier, pour la Rédaction. |