
Le plus souvent, quand on parle d'animaux en voie de disparition, on pense à des espèces emblématiques qui peuplent de lointains pays ou les immensités océaniques. La baleine, le panda, l'éléphant, pour n'en citer que quelques unes, font ainsi régulièrement la une de l'actualité et attirent l'attention. Pourtant, il n'y a pas forcément besoin de regarder bien loin pour constater les menaces qui pèsent chaque jour un peu plus sur la biodiversité. Les campagnes et forêts françaises ne sont effectivement pas épargnées et un récent rapport publié par le Muséum d'Histoire Naturelle et l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) a de quoi alarmer.
Sur 119 espèces de mammifères étudiées en France métropolitaine, pas moins de 11 seraient en danger, soit près de 10%. Un chiffre qu'il convient de mettre en parallèle avec ce qu'il se passe à l'échelle de la planète, où ce sont au minimum un quart des espèces de mammifères qui sont menacées d'extinction à plus ou moins long terme. Néanmoins, ce chiffre interpelle et démontre bien la fragilité des écosystèmes qui nous entourent, et ce même à deux pas de chez nous.
Pour être plus précis, deux espèces sont classées comme étant en danger critique d'extinction. Il s'agit de l'ours brun (photo ci-contre), ce qui ne surprend guère, mais aussi des chauve-souris Rhinolophe de Méhely, un animal nettement moins connu. Parmi les espèces considérées en danger d'extinction, on retrouve le lynx boréal (photo ci-dessous), le vison d'Europe et le grand hamster, tandis qu'au sein des animaux dits vulnérables figurent trois autres espèces de chauve-souris, en compagnie d'animaux aussi divers que le loup gris, le mouflon et le cachalot. Si rien n'est fait pour protéger ces mammifères et notamment préserver leur habitat, elles pourraient donc prochainement rejoindre le bouquetin des Pyrénées, le phoque moine ou la baleine des basques qui ont désormais totalement disparu de notre territoire.

On le voit, le tableau n'est pas forcément très reluisant, même s'il convient de souligner les progrès qui ont été faits dans la préservation de notre faune au cours des dernières années. Selon l'UICN, les actions entreprises pour la sauvegarde des espèces sur le sol métropolitain portent leurs fruits. Des plans de restauration du vison d'Europe et du grand hamster ont ainsi été mis en place et les résultats obtenus sont plutôt encourageants. Ces résultats ne sont pas encore spécialement probants, mais d'autres exemples montrent qu'en y mettant les moyens nécessaires il est possible de non seulement sauver une espèce, mais de lui permettre de se développer. Ainsi, depuis quelques années, la loutre est en train de regagner certains territoires et de voir ses populations augmenter de manière significative. Idem pour le bouquetin des Alpes, qui avait quasiment disparu de notre territoire et qui a depuis recolonisé plusieurs départements de l'arc alpin.
En résumé, quand les pouvoirs publics interviennent, prennent conscience de la gravité de la situation et mettent des moyens en oeuvre, il est tout à fait possible de parvenir à sauvegarder des espèces sauvages qui font partie de notre patrimoine et sont absolument indispensables à l'équilibre d'écosystèmes fragilisés par l'activité humaine. Sachant que nous sommes généralement la source du problème, il paraît logique que nous nous donnions les moyens de sauver ce qui peut encore l'être, avant qu'il ne soit trop tard et que notre planète ne soit définitivement défigurée et apauvrie.
Vincent Armillon, pour la Rédaction.