A l'heure où nous enregistrons ce journal, Les participants au "Grenelle de l'Environnement" ont tiré un bilan plutôt positif de leur première journée-marathon, malgré des incertitudes sur deux sujets-phares : l'instauration d'une "taxe carbone" et la gestion des déchets. Nicolas Hulot s'est dit optimiste quant aux chances d'obtenir des autorités l'instauration d'une "contribution", autrement appelée "taxe carbone", sur les produits les plus gourmands en carbone ou en énergie. |
Nicolas Sarkozy tranchera lors du discours qu'il prononcera jeudi après-midi à l'Elysée, en présence de l'ancien vice-président américain Al Gore, prix Nobel de la paix 2007. Cette première réunion a ainsi confirmé la création d'une "éco-pastille" avec un système de bonus/malus pour les automobiles, d'une "écotaxe" pour les poids lourds ou encore le développement du ferroutage. Dans le bâtiment, un consensus a été trouvé sur le renforcement de l'efficacité énergétique des constructions Des prêts seront accordés aux familles modestes, souvent pénalisées par leurs factures de gaz et d'électricité, qui souhaitent isoler leur logement. En milieu d'après-midi, une première "vraie divergence", est apparue sur la question de la "taxe carbone", pour laquelle le Medef a réclamé des compensations, notamment en terme de charges. Autre point de friction : le nucléaire, et notamment le développement du réacteur de nouvelle génération EPR. La question des déchets, qui divise également, a fait hausser le ton autour de la table lors de la deuxième séance, qui s'est poursuivie jusqu'à environ 20h30. Il a finalement été décidé de se donner 12 semaines de plus pour réfléchir à ce sujet délicat. Un report que Greenpeace a qualifié d'"échec". Pour "envoyer un signal fort" aux participants à la réunion, l'Alliance pour la planète, un collectif d'ONG écologistes, a appelé les Français à éteindre la lumière chez eux et dans les bureaux pendant cinq minutes entre 19h55 et 20h00 locales la veille. |

A Paris, la Tour Eiffel et l'Elysée ont notamment été éteints. Ces premiers états généraux de l'environnement devaient être clos jeudi 25 octobre en fin d'après-midi par M. Sarkozy au palais présidentiel de l'Elysée, en présence de tout le gouvernement et d'invités comme le prix Nobel de la paix 2004, la Kenyane Wangari Maathai, et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso. M. Sarkozy annoncera ses arbitrages et les mesures dont l'Etat se saisira pour les traduire en 15 à 20 plans d'action. Les mesures retenues seront présentées au parlement français début 2008. Si tous les participants s'accordent sur le fait que les discussions ont été enrichissantes et ont fait tomber des préjugés, chacun a ses critères d'échec et de succès. Pour le camp écologiste qui attend des "résultats concrets", l'instauration ou non d'une fiscalité verte aura valeur de test. Le patronat s'oppose de son côté à toute augmentation des taxes, qui n'irait pas de pair avec une remise à plat globale de la fiscalité.
yanick, pour la Rédaction. |