
Les fêtes approchent et certains d'entre-nous vont aller passer Noël au soleil, loin de la grisaille hivernale. Pour cela, ils vont prendre l'avion, un moyen de transport rapide et sûr, mais qui est responsable de
3% des émissions totales de gaz carbonique. Et un transport particulièrement sensible aux fluctuations du cours du pétrole, et à moyen terme de la ressource elle-même.
De nombreuses initiatives ont été lancées pour trouver une alternative au kérosène, mais pour le moment, les financements ne sont pas à la hauteur des enjeux. Il faut dire que trouver un carburant possédant une
énergie spécifique suffisante, disponible en grande quantité, et qui reste exploitable jusqu'à -50 °C, n'est pas une mince affaire.
L'éthanol est disqualifié par sa faible énergie spécifique. De plus, sa production en masse pose déjà, pour l'automobile, des questions éthiques. En effet, l'exploitation de terres arables au profit de nos déplacements et aux détriments de la production alimentaire mondiale est une démarche moralement insoutenable.
Les huiles végétales, quant à elles, figent à basse température. Des tests ont cependant été effectués par la SNECMA qui lui ont permis de faire fonctionner ses turboréacteurs avec un mélange de kérosène et d'ester d'huile végétale. Mais ces huiles, comme pour l'éthanol, ne devront pas avoir d'impact significatif sur l'accès aux ressources alimentaires.
Les solutions d'avenir viendront de
l'hydrogène et de l'électrique, mais les coûts de développement sont tels qu'il faudra attendre longtemps pour voir disparaître du ciel les aéroplanes actuels.
En attendant, la solution intermédiaire que propose Boeing est
la production d'une huile à partir d'une algue dont le rendement est particulièrement important. A titre de comparaison, pour alimenter l'ensemble de la flotte mondiale à partir d'huile de colza, il faudrait exploiter une surface équivalente à l'Europe, alors que l'utilisation d'algues ne nécessiterait qu'une surface égale à celle de la Belgique.
Un argument choc que Boeing met en avant, et qui relève certainement aussi d'une stratégie commerciale et d'une exploitation marketing de la problématique environnementale.
Si ces carburants sont produits dans un parfait respect de l'environnement, ils pourront alors revendiquer le label biocarburants. Sinon, ils permettront tout de même aux compagnies aériennes d'afficher un zéro émission de carbone, ce qui serait déjà un progrès sensible.
Un slogan que la compagnie
NatureAir affiche déjà, grâce à un système de rachat de droits d'émissions auprès du gouvernement du Costa Rica, qui vont à la protection des forêts tropicales dans le sud du pays. Un système qui a ses limites, aucun programme de protection ou de restauration des forêts ne permettra de compenser l'ensemble des émissions de CO2 d'origine fossile.
Les dernières nouvelles en terme de réchauffement climatique, d'acidification des océans, d'impact sur les espèces et leurs interactions, sont suffisamment alarmantes pour que nous ne nous satisfassions pas de telles mesures.
Le développement durable passe par des économies d'énergies et de ressources naturelles, soit une réduction de nos comportements énergétivores, une rationalisation de notre consommation, et une véritable politique de valorisation des déchets. Critiquée par certains,
la notion d'empreinte écologique reste la meilleure façon de prendre conscience que non seulement, nous, les pays occidentaux, nous consommons la quasi-totalité des ressources de la planète, mais qu'en plus, nous consommons celle des générations à venir. Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.