
Les fêtes passées ont vu leur cortège d'illuminations, dont le coût énergétique est modéré par la progression des ampoules LED, moins consommatrices. Mais un récent rapport de
l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses) émet des recommandations quant à la mise sur le marché de ces ampoules.
Une info qui a rapidement fait le buzz sur internet.
Précisons tout de suite que la plupart de ces ampoules ne posent aucun problème. Téléviseurs, guirlandes et décorations urbaines, mais aussi jouets pour enfant, les LED sont partout mais ne mettent pas systématiquement notre santé en danger.
Deux risques ont toutefois été identifiés.
Le premier est
le risque d'effet photochimique qui est lié à la lumière bleue. Il dépend de la dose cumulée résultant d'expositions peu intenses répétées sur de longues durées.
Ce risque concerne tout particulièrement les enfants dont le cristallin ne filtre pas certaines longueurs d'onde trop énergétiques et lésant la rétine. Il concerne également les personnes atteintes de certaines maladies oculaires et les professionnels soumis à des éclairages de forte intensité.
Le second risque est lié à
l'éblouissement que peut provoquer certains éclairages intérieurs. En raison notamment du caractère ponctuel de leur surface d'émission, les LED peuvent présenter des luminances
1000 fois plus élevées que la valeur à partir de laquelle une source lumineuse est considérée comme gênante. Dans les éclairages disponibles sur le marché,
les LED sont souvent directement apparentes afin de ne pas atténuer leur puissance.
Face à ces risques et à une norme qui se révèle peu adaptée à des éclairages utilisant des LED, l'
Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail a donc émis des recommandations concernant la mise sur le marché de ce type d'éclairage.
Tout d'abord, elle demande que ne soit autoriser que des LED
ne présentant pas plus de risques liés à la lumière bleue que les éclairages traditionnels. Ensuite, l'Agence demande que la
norme relative à la sécurité photobiologique soit adaptée aux spécificités des LED et qu'elle prenne en compte les populations sensibles ou particulièrement exposées.
Elle recommande de
diminuer les luminances des LED notamment par des dispositifs optiques ou des luminaires adaptés pour limiter les risques d'éblouissement.
Enfin, elle souhaite que l'étiquetage des systèmes d'éclairage présente clairement
des informations concernant la qualité de la lumière et le niveau de sécurité photobiologique. Les LED ne sont pas non plus des ampoules propres car elles contiennent du
phosphure d'indium, semi-conducteur classé probablement cancérogène. Même s'il n'est présent qu'en faible quantité, il est important de déposer ces ampoules comme les ampoules à basse consommation
dans des points de collecte. Encore une fois, l'évaluation des risques liés à la mise sur le marché de technologies nouvelles se fait
à posteriori, ce qui, dans un monde où l'information circule dorénavant à la vitesse de la lumière, a pour conséquence de susciter le doute.
Le défi de la maîtrise de l'énergie passe par des innovations comme ce type d'éclairage,
mais à condition que les normes soient édictées avant la mise sur le marché de ces technologies et qu'elles permettent de réduire voire d'éviter les risques sanitaires qu'elles sont susceptibles de générer. Photo : © Olivier FRIGOUT - Bague pour enfant équipée d'une Led blanche particulièrement éblouissante.Source : Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses)
Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.