Les opposants à la réintroduction de l'ours dans les Pyrénées vont sans doute faire grise mine, mais c'est bien un heureux événement qui vient de se produire. On vient d'apprendre que l'ourse Hvala venait de donner naissance à deux petits oursons. Ils ont pu être observés à bonne distance en train de jouer à côté de leur mère, près de leur tanière, par des membres de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage. C'est en janvier dernier que les petits plantigrades ont dû voir le jour. |
Dernière à sortir d'hibernation, Hvala est l'une des quatre ourses slovènes femelles introduites l'an passé dans les Pyrénées. Elle est la seule à avoir donné naissance à des petits. L'association Pays de l'Ours-Adet, qui défend la réintroduction de cette espèce en France, s'est réjouie de cette découverte et a déjà mis en ligne une vidéo des oursons sur son site www.paysdelours.com. Un site sur lequel vous pouvez également envoyer vos suggestions pour baptiser les nouveaux venus. Cette preuve de la bonne adaptation des ours slovènes dans les Pyrénées est une excellente nouvelle pour les défenseurs de la nature. Des amoureux des ours qui ont beaucoup apprécié la campagne de réintroduction menée l'an passée qui a permis de relâcher quatre femelles et un mâle dans les montagnes. Des lâchers couronnés de succès, les plantigrades s'étant bien adaptés à leur nouvel environnement, excepté en ce qui concerne Palouma, malheureusement décédée à la suite d'une chute accidentelle à la fin du mois d'août. Malgré cet accident, le programme de réintroduction de l'ours se passe bien puisque l'on estime qu'une vingtaine d'animaux peuplent maintenant l'ensemble des Pyrénées, la plupart résidant sur le versant français de la chaine montagneuse. Un programme de réintroduction qui ne va pas toujours sans heurts, les opposants à l'ours étant nombreux, même s'ils ne représentent pas une majorité, loin de là. En 2004, la tension était montée d'un cran lorsque un chasseur, avait abattu Cannelle, la dernière ourse de souche pyrénéenne. Arguant d'un « état de nécessité », le chasseur qui comparaissait devant un tribunal avait obtenu un non lieu en janvier dernier. Une décision qui avait fait bondir les associations écologiques et qui a finalement débouché sur une annulation du verdict par la cour d'appel de Pau. |

Un nouveau procès est donc prévu, même si l'avocat du chasseur espère casser la procédure pour vice de forme. Le tribunal correctionnel devra donc à nouveau statuer sur cette affaire qui stigmatise les divergences d'opinion entre pro et anti ours. Pour les partisans de la réintroduction, celle-ci permet de mesurer au mieux l'état de santé écologique d'une région. Les grands prédateurs sont en effet un indicateur fiable de la qualité de l'environnement puisqu'ils sont les premiers à disparaître lorsqu'il y a déséquilibre. La bonne adaptation de l'ours dans les Pyrénées prouve donc que cette région présente un environnement riche et diversifié. Mais au-delà de l'aspect scientifique, la réintroduction de cet animal prend forme de symbole. Pour les régions concernées, l'ours est devenu un véritable emblème. Il représente un patrimoine culturel tant son histoire est liée à celle des Pyrénées. Susceptible de favoriser le tourisme, l'ours peut également avoir un impact économique, un facteur non négligeable qui pourrait bien favoriser sa survie dans nos montagnes. vincent, pour la Rédaction. |