
On l'attendait du coté sur soleil levant, c'est du couchant que le risque de pandémie grippale est apparu, depuis plusieurs foyers mexicains.
Comment un virus porcin a pu passé chez l'homme et devenir contagieux dans notre espèce ? Quels risques courrons-nous ? L'hécatombe de 1918 avec la grippe espagnole est-elle toujours possible ?
La grippe est une maladie d'origine virale que l'on retrouve chez de nombreuses espèces de mammifères, mais aussi chez les oiseaux. Depuis 2005 et la première alerte avec la souche H5N1 appelée grippe aviaire, la crainte d'une recombinaison avec la souche humaine lors d'une co-infection, nous a conduit à surveiller tout ce qui volait et provenait d'Asie, en particulier les espèces d'oiseaux migrateurs. Promise dans les 5 ans, cette recombinaison s'est avérée plus difficile que prévue et finalement, elle s'est produite de l'autre coté de l'atlantique, à partir d'une autre souche du virus influenza : le
H1N1, à l'origine de la grippe porcine.
Les épidémies sont récurrentes dans les élevages et pour une raison simple,
la proximité les favorise. De la même façon que le risque d'attraper la grippe dans le métro parisien est plus important que dans un hameau au coeur des Alpes, les élevages industriels où les animaux sont confinés sont des foyers épidémiques majeurs. C'est d'ailleurs l'un des moyens que la nature a mis en place pour réguler les espèces et réduire le nombre d'individus lorsque l'une d'entre elles est trop prolifique.
Une autre proximité joue alors son rôle : celle entre le bétail et l'homme. Elle va favoriser le risque de recombinaison entre les virus à l'occasion d'une double infection, parce que les cibles cellulaires sont les mêmes :
les cellules de l'épithélium de l'arbre respiratoire. La nouvelle souche ne trouvera sur sa route aucune immunité préexistante expliquant le fort risque de pandémie.
Deux facteurs vont alors déterminer les risques encourus.
La contagiosité de la nouvelle souche et la sévérité des symptômes. Pour ce qui est du premier facteur, nous en saurons plus dans les semaines à venir, au fur et à mesure que les cas avérés se multiplieront ou non. Pour ce qui est de la gravité des symptômes, il semble qu'elle soit assez modérée, à l'instar de la grippe saisonnière.
Mais n'oublions pas que chaque hiver, de 2 à 4000 décès en France, et jusqu'à plusieurs centaines de milliers dans le Monde, sont provoqués par la grippe. Les populations les plus exposées restent
celles des pays pauvres, dont les structures sanitaires sont insuffisantes pour prendre en charge les malades.
Mais c'est également le cas des immunodéprimés, qu'ils soient malades du SIDA ou qu'ils suivent un traitement immunosuppresseur. Vraisemblablement, et parce que généralement les virus grippaux survivent difficilement dans un environnement chaud,
la pandémie mondiale ne devrait se produire, si elle se produit, avant l'automne prochain. Les caractéristiques de ce nouveau virus et les progrès de la médecine, avec notamment le développement des antiviraux et des antibiotiques capables d'enrayer les surinfections bactériennes, conduisent à croire que l'hécatombe de 1918 ne devrait pas se reproduire.
Et la meilleure façon d'essayer de l'éviter est d'avoir une hygiène des mains parfaite, d'éternuer dans un mouchoir, et si vous pensez être atteint de grippe, de ne pas se rendre aux urgences mais de consulter son médecin traitant ou d'appeler le 15 pour une prise en charge spécifique, réduisant les risques de contagion. Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.