
La semaine dernière, nous nous lancions en famille dans l'apiculture. Non pas pour en faire un business, mais pour apporter notre pierre à la reconquête des fleurs de plus en plus désertées, dans nos campagnes, par les butineuses. Et l'absence de champs cultivés alentours étant gage de bonne santé pour les abeilles, nous avons bon espoir de déguster notre première récolte cet été. L'occasion de ressortir un livre dont je vous ai parlé il y a bientôt 2 ans et qui, dans le contexte juridique actuel, devrait être détenu par tous les jardiniers de bonne volonté, avant qu'il soit un jour déclaré subversif :
Purin d'orties et compagnie, de Bernard BERTRAND, Jean-Paul COLLAERT et Eric PETIOT, aux Editions de TERRAN. Depuis la nuit des temps, les extraits de plantes comme le célèbre purin d'ortie sont utilisés pour lutter contre les parasites, pour enrichir naturellement les sols, et obtenir une récolte sans polluer ni épuiser les sols. Antithèse des phytosanitaires chimiques, ils respectent l'environnement et ce qui m'a conduit à ressortir ce livre :
les abeilles.
Le problème est que depuis 2005, et le vote, de la loi d'orientation agricole (LOA), la plupart des produits naturels ont été exclus de la liste des phytosanitaires autorisés en France. Coup de grâce le 25 juin 2009 : un décret d'application de la loi de décembre 2006 sur l'eau impose à ce que les technocrates appellent dorénavant des
Préparations Naturelles Peu Préoccupantes, de faire l'objet d'une procédure d'inscription sur la liste communautaire des substances actives, et ne pas avoir fait l'objet d'une décision de refus. Impossibles à breveter puisque tomber il y a longtemps dans le domaine public, ces recettes de grand-mères n'ont plus droit de cité dans les rayons des magasins.
La seule solution reste
de produire soi-même ces substances qui restent les meilleurs alliés des amateurs de jardins ou de potagers vigoureux.
Mais la fabrication de ces substances et leurs usages nécessitent un savoir-faire, surtout si l'on ne veut pas voir sa fermentation se transformer en putréfaction. Et c'est un des points forts de ce livre, qui démystifie le purin d'ortie et autre macération, dont les légendaires infections n'ont pour origine qu'une fermentation mal contrôlée. Cet ouvrage vous invite à tourner la page du purin nauséabond au profit de l'extrait de plantes efficace, et vous apprend à utiliser au mieux ces produits dans le cadre de la lutte contre les parasites et autre maladie, non pas dans un esprit d'éradication, que nous laisserons aux fans des phytosanitaires chimiques et de la stérilisation des sols, mais plutôt dans une démarche d'équilibre qui a fait ses preuves.
Mode d'action des extraits, comment les réussir, quelle plantes utiliser et pourquoi faire, comment utiliser ces extraits, autant de questions trouvant leurs réponses dans ce livre pratique de près de cent pages, que l'on peut encore trouver dans les meilleures librairies.
Aussi, si vous êtes cultivateur amateur ou professionnel et que vous ne l'avez pas encore fait, je ne saurais trop vous recommander d'acheter cet ouvrage et de le mettre en pratique, ne serait-ce que
pour participer à la sauvegarde de ces millions d'abeilles qui butinent, pollinisent et apportent tant de vie à nos jardins. Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.