Depuis quelques semaines, la polémique fait rage au Pays Basque français, au sujet de supposées attaques de vautours sur des animaux de bétail vivants. Il semble bien que ces grands rapaces se soient en effet attaqués à quelques animaux d'élevage, apparemment en bonne santé, ce qui apparaît très surprenant étant donné la nature nécrophage de ces oiseaux, réputés pour leur goût prononcé pour les charognes. Les témoignages d'éleveurs se multipliant, ce phénomène est à prendre au sérieux, même si de nombreuses associations écologiques, à commencer par la ligue de Protection des Oiseaux, montent au créneau pour défendre les rapaces. |
Si les médias se sont emparés de cette affaire il y a peu, avec parfois des titres pour le moins racoleurs tels que : « Les vautours attaquent le Pays Basque », le conflit opposant les éleveurs aux rapaces n'est pas nouveau. Cela fait plusieurs années que des attaques sur des bêtes en bonne santé sont signalées, mais ces faits sont à prendre avec beaucoup de précaution. Jusqu'à présent, aucune attaque de ce type n'a pu être filmée et ainsi clairement démontrée. Les écologistes affirment que dans 90% des cas les vautours étaient accusés bien trop vite. Resterait donc 10% d'attaques réelles, mais là encore, la prudence reste de mise. Les spécialistes de la nature indiquent que les charognards ont certainement pris pour cible des animaux affaiblis par des maladies ou des blessures, ou bien des femelles en train de vêler. Les vautours raffolent en effet du placenta des nouveaux nés et n'hésitent pas à se faire un petit quatre heures de ce dernier si l'occasion se présente. Le bétail est surveillé de près par les vautours, cela ne fait aucun doute. De là à ce que des animaux changent leur façon de se nourrir, après des siècles d'évolution et de spécialisation, il y a un pas qui semble difficile à franchir. On peut tout de même légitimement se demander si les populations actuelles de rapaces charognards disposent d'un stock suffisant de nourriture. On estime à environ 600 le nombre de couples de vautours vivant au Nord des Pyrénées et à près de 5000 au Sud, soit une population relativement dense pour une espèce menacée d'extinction il y trente ans. |

Sachant que les vautours sont capables de voler 300 kilomètres pour trouver leur pitance, il est essentiel que les cadavres d'animaux soient nombreux en cette région. C'est peut-être bien là le cœur du problème, sachant que depuis 1996 et la crise de la vache folle, les lieux où l'on déposait les cadavres d'animaux pour les charognards ont été fermés. Une directive européenne sur l'équarrissage du bétail a également fait disparaître les cadavres à proximité des fermes ou en montagne. Les vautours manquent donc de charognes à se mettre sous le bec, ce qui pourrait expliquer une plus grande agressivité de leur part. Ces faits ne sont pas prouvés pour autant et il convient avant tout de réaliser des observations précises sur le terrain, avant d'ouvrir la chasse à ce qui demeure une espèce protégée. Après le loup, l'ours des Pyrénées, il serait en effet bien dommage que les éleveurs se trouvent une nouvelle cible parmi les animaux sauvages, même s'il est tout à fait compréhensible que ceux-ci veuillent défendre leurs troupeaux. vincent, pour la Rédaction. |