La multiplication des écolabels pose toutefois la question de l'opportunité des critères retenus pour valider les modes d'exploitation des industriels concernés. Le dialogue entre leurs initiateurs, des ONG vertes, s'annonce difficile, car au-delà d'un consensus sur les modalités de gestion des boisements, il s'agit de rassembler autour de ce sujet d'actualité des courants idéologiques souvent concurrents sur la scène internationale. Avec plus de 78 millions d'hectares certifiés, le FSC « Forest Stewardship Council » se démarque des autres labels rencontrés : PEFC « Pan European Forest Certification », CSA International, SFI « Sustenable Forest Initiative », etc. Si chacun dénote un effort réel de protection des milieux boisés, leur couverture reste néanmoins marginale : autour de 1% des surfaces forestières nationales des pays associés. La répartition géographique des forêts certifiées signale une dualité assez nette entre les régions inter- et non-tropicales. Les boisements tempérés par exemple, représentent 87% des surfaces certifiés alors qu'ils ne couvrent que 27% des terres émergées de la planète. Sans surprise, il existe une relation directe entre les attentes des consommateurs, c'est-à-dire dans le cas présent leur éco-sensibilité, et les modes d'exploitation privilégiés par les industriels. Pareillement, la forêt tropicale reste en retrait des milliers d'hectares certifiés parce que les consommateurs et les producteurs écosensibles sont le plus souvent installés dans l'hémisphère Nord (Europe, Amérique du Nord) et que, contrairement à une idée répandue, ces derniers n'interviennent pas de façon significative dans le commerce mondial des bois exotiques. |
En 2005, selon ITTO, 2,6% des exportations de bois exotiques soit moins de 0,7% des volumes exploités dans le monde étaient destinées aux marchés européens, au premier rang desquels figure la France. En bref, les principaux consommateurs de grumes tropicales sont le Brésil, l'Indonésie, la Malaisie, l'Inde et la Chine, à eux seuls ces cinq pays absorbent plus de deux tiers de la production. Par conséquent, le débat sur la bonne gestion de la forêt ou plus précisément le débat sur la déforestation apparaît davantage en termes d'application des textes internationaux ratifiés par les pays forestiers qu'en termes de traçabilité sur les marchés européens ou nord-américains. Précisons par ailleurs que la Conférence de Rio (1992), point d'orgue de la conscientisation environnementale, tolère la destruction des forêts primaires si des raisons socio-économiques le motivent.
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