
2009 est l'année mondiale de l'astronomie, est sera donc consacrée aux étoiles. Tournant autours de la nôtre, le soleil, il nous suffit de lever les yeux pour admirer dans le ciel nocturne ces astres qui ont fasciné des générations d'humains. Mais aujourd'hui, même à la campagne, il devient difficile de profiter du spectacle, tant se sont développés les éclairages publics et illuminations de monuments.
Dans nos cités,
la Grande Ourse, la Voie Lactée, l'Etoile Polaire ont disparu et avec elles, des repères et peut-être, une certaine perception de la vie, plus modeste.
La galaxie la plus proche de la nôtre,
Andromède, visible à l'œil nu sur un ciel suffisamment noir, n'est plus accessible qu'avec une lunette ou un télescope, noyée dans la lumière diffuse de nos villes.
Pourtant, le ciel nocturne a été classé en 1992
« Patrimoine universel de l'humanité » par
l'UNESCO, interrogeant ainsi sur le rôle pédagogique, philosophique et spirituel de ce spectacle unique.
Il y avait en 1964
1,5 millions de lampadaires dans nos villes françaises. Ils étaient
6,5 millions en 1998. Dans le même temps, la consommation d'énergie pour l'éclairage public a été
multipliée par 4. En 2005, ce sont 5,6 TWh qui étaient consommés par les éclairages publics en France, et
200 en Europe pour un total de
1,6 milliards points d'éclairages installés. Répondant à la fois au besoin de sécurité et au développement de la vie nocturne, les municipalités ont développé l'éclairage urbain, et se sont servi de lui pour mettre en valeur le patrimoine architectural et parfois naturel.
Des éclairages qui ont le défaut de diffuser bien souvent dans toutes les directions, et vers le ciel en particulier. Un gaspillage d'énergie responsable de la dégradation du ciel nocturne. Et une dégradation qui, en plus de nous priver de ce spectacle,
perturbe la vie animale. Les illuminations ont des impacts locaux plus ou moins importants : dans le cas d'un phare côtier, il peut y avoir détournement ou perturbation des oiseaux migrateurs. Certains alignements de lumière peuvent être à l'origine ou bien un facteur aggravant de disparition d'espèces, notamment parmi les papillons nocturnes. Les vers luisants ont, quant à eux, développé un mode de communication mâle-femelle basé sur la lumière : l'éclairage artificiel réduit la possibilité de rencontres entre partenaires et met à plus ou moins court terme l'espèce en péril. La lumière artificielle a aussi une influence sur la répartition spatiale et l'équilibre de plusieurs espèces de chauve-souris.
Il y a pourtant des solutions. Il existe des alternatives techniques pour rabattre la lumière vers le sol et en même temps faire des économies d'énergie. Les ampoules blanches au mercure peuvent être remplacée par des ampoules au sodium haute pression; les éclairages des bâtiments publics peuvent être arrêtés la nuit. Une voie que semble avoir empruntée l'Europe qui devrait publier en ce début d'année des mesures de réduction d'énergies dans ce domaine.
Il s'agit de toute évidence d'un gisement d'économie d'énergie non négligeable dans une période où beaucoup de questions se posent en la matière. Et la possibilité de voir enfin revenir dans nos villes des nuits étoilées. Photo © Olivier FRIGOUT - Tout droit réservé Olivier FRIGOUT, pour la Rédaction.