Le 11 mars prochain, ARTE diffuse à 21h00 un documentaire inédit sur l'une des avancées scientifiques les plus controversées de ses dernières années : les OGM. Plus précisément, l'enquête qu'a menée Marie-Monique ROBIN révèle comment le numéro Un mondial des semences, la société Monsanto, a réussi à imposer ses produits sur la planète, au détriment de semences traditionnelles, des économies locales, et parfois des vies humaines. |
Alors que pour certains organismes de recherche, travaillant en coopération avec les pays en voie de développement, les OGM représentaient la fin des famines provoquées de part le monde par des pertes de récoltes, la firme américaine comprit tout de suite que cette technologie allait lui permettre, sans contrainte juridique, de s'approprier le vivant. La course aux brevets était lancée, chaque nouvelle variété dont le génome avait été modifiée, pouvant devenir la propriété exclusive du géant de la semence et des phytosanitaires. Une course qui n'a pas favorisé le principe de précaution, comme le révèle le documentaire de Marie-Monique ROBIN, levant le voile sur les méthodes que la firme américaine a employées pour faire taire les laboratoires qui mettaient au jour les risques sanitaires que présentaient certaines semences génétiquement modifiées. Un documentaire qui tombe à pic en France avec la récente condamnation de l'association Kokopelli, accusée de vendre des semences illégales. Les variétés que propose cette association ne sont pas, en effet, inscrites au fameux catalogue officiel des semences, et ne peuvent, de ce fait, être utilisées par un agriculteur professionnel. La condamnation de Kokopelli, qui d'un point de vue du droit, peut être admise, l'est beaucoup moins lorsque l'on se rend compte que certaines de ces variétés interdites sont produites et vendues en toute illégalité par certains supermarchés. Ce qui est interdit pour certains ne l'est donc pas pour d'autres. |

Au point que l'on peut s'interroger sur les raisons qui ont poussé les pouvoirs publics à se porter partie civile dans ce dossier, Kokopelli étant surtout le fer de lance d'une lutte contre la confiscation des semences par les industriels. La proposition du ministère de l'environnement de faire évoluer la législation afin de permettre l'inscription gratuite d'une partie des semences diffusées par l'association, bien tardive puisqu'elle est intervenue après la lourde condamnation de l'association, laisse sur ce point perplexe, d'autant que les demandes de rendez-vous formulées par Kokopelli sont restées lettre morte. Le documentaire diffusé le 11 mars prochain, intitulé « le Monde selon Monsanto », ne manquera pas de nous éclairer sur les relations troubles entre industriels et politiques, outre-manche et outre-atlantique tout au moins. Dans toute avancée scientifique, le risque n'est pas posé par l'acte de recherche mais par les applications d'une découverte. Les OGM auront sûrement un rôle à jouer dans l'histoire de l'humanité, faisons en sorte qui ne soit pas celui de l'uniformisation et de la réduction de la biodiversité, mais au contraire un allié de celle-ci, peut-être un instrument de reconquête ou d'adaptation de la nature à un milieu devenu défavorable à la vie, par la faute de l'Homme.
Le dossier sur le site ARTE.TV olivier, pour la Rédaction. |