« L'avenir appartient aux villes qui sauront faire le choix du développement durable ! » Cette affirmation, on la doit à Michael White, urbaniste canadien, qui a été recruté par l'Emirat d'Abu Dhabi. Avec plusieurs de ces collègues, il a pour mission de
faire d'Abu Dhabi la capitale du développement durable. Rien que çà !
Un pari insensé dans cette région du pétrole roi, où les villes n'ont cessée de s'étendre dans le désert depuis 40 ans.
Gratte-ciels, autoroute, transports en commun quasi inexistants, on est à priori loin de soucier d'environnement dans cet émirat qui achève actuellement la construction de son circuit de Formule 1, opérationnel en Novembre 2009.
Pour renverser la vapeur, Abu Dhabi a donc choisi de forcer les choses.
Depuis un an déjà, une nouvelle ville est en chantier non loin de l'aéroport.
Baptisée « Masdar », qui signifie « source » en arabe, elle a pour vocation à devenir la première ville 100% écologique. Prévue pour accueillir 50000 habitants à son achèvement en 2016,
Masdar est conçue pour ne rejeter aucun déchet ni émettre de carbone. Le vélo et les transports en commun écologiques à taille humaine seront les modes de déplacements privilégiés dans ce havre préservé où la voiture sera bannie. Recyclage des déchets, réutilisation des eaux usées pour les cultures ou encore développement intensif de l'énergie solaire seront les piliers du concept de cette cité du futur.
Au-delà de cette « ville idéale », Abu Dhabi s'est engagée dans un chantier plus global qui veut repenser la ville dans son ensemble.
Avec son plan « Vision 2030 », la capitale de l'émirat veut se convertir à l'urbanisme vert. Car avec sa croissance exponentielle – 500000 habitants il y a dix ans, plus d'un million aujourd'hui et près de 3 millions en 2030 – Abu Dhabi a une des pires empreintes écologiques de la planète.
Pour redorer l'image du pays, le gouvernement a donc fait appel à des urbanistes canadiens qui doivent donner corps à la mue.
Le nouveau centre ville accueillera 400000 habitants dans un urbanisme redessiné qui privilégiera les avenues étroites, à taille humaine, protégées de la chaleur, avec des espaces piétonniers et des transports en communs performants. Des lignes de tramway relieront les banlieues plus excentrées, et un peu partout, la végétation aura droit de cité.
L'émirat promet par ailleurs que le temps du bétonnage à tout crin est révolu. La révolution verte ne s'arrêtera pas à la capitale. Sur la côte, d'autres ilots écologiques verront le jour… Des éco-villages clairsemés dans le désert sont aussi en projet.
Si l'économie du pays repose actuellement pour l'essentiel sur l'énergie – le gaz et le pétrole – le plan « Vision 2030 » entend faire faire à Abu Dhabi sa mutation écologique et réorienter ses ressources sur le tourisme, l'éducation et les services.
De la croissance effrénée à la prise de conscience écologique,
cette conversion d'Abu Dhabi au développement durable peut être vue comme un signe du renouveau de la Région. C'est en tous cas un laboratoire à observer pour les futurs projets qui fleuriront, peut-être, dans le monde…
Plus près de nous, c'est la culture qui rime avec éco responsabilité… C'est en tout cas la volonté de la Région Midi Pyrénées qui soutient, depuis 2008, 7 festivals culturels de la Région pour les aider dans leur démarche « éco responsable ». Avec une enveloppe de 4000 à 7000 €, ce soutien permet aux organisateurs de mettre en œuvre des actions concrètes comme le tri des déchets, l'installation de toilettes sèches, la mise en place d'un village associatif, l'utilisation de produits biologiques et équitables.
Si vous souhaitez associer sortie culturelle et responsabilité citoyenne, allez faire un tour en Midi Pyrénées sur l'un des sept festivals retenus…
« Terre de couleurs » et
« Festival de cinéma Résistances 2009 » dans l'Ariège,
« Cap Festival » dans l'Aveyron,
« Africajarc » et
« Ecaussystème » dans le Lot,
« Arpèges et Trémolos » dans le Tarn, et
« Alors Chante » dans le Tarn-et-Garonne.
Festivals en Midi Pyrénées
Comment Abu Dhabi va devenir une ville durable
Philippe BOURY, pour la Rédaction.