
La «
Chambre Brune » située entre Brantôme et Valeuil, sur la rive droite de la Dronne, a longtemps défrayé la chronique et fait couler beaucoup de salive lors des veillées périgourdines.
Ce site d'excavations rocheuses établies sur plusieurs niveaux comprenant même des silos et des aménagements défensifs, aurait abrité de faux-monnayeurs au Moyen Âge et des grognards déserteurs lors des multiples guerres napoléoniennes (Photo : Au Pays des troglodytes).
De très touchants documents photographiques de 1902, montrent des gens sur les lieux. Un homme est «
armé » d'une longue perche, comme s'il partait à la chasse à la baleine avec un harpon, et pénètre prudemment dans l'entrée principale de la «
Chambre Brune ». Un autre personnage tient une longue corde. La légende des documents ne dit pas s'ils partaient à la chasse au trésor, celui de (fausses) pièces anciennes oubliées par les faux-monnayeurs ou de souvenirs de l'Empire, ou, tout simplement, désiraient s'offrir une petite escapade pleine de frissons !
Ceci étant posé, un «
Parcours troglodytique » dit «
du creusé au construit » propose un voyage à la Grotte du «
Jugement Dernier », au moulin, au colombier, au bassin piscicole et au lavoir érigés, naguère, par les moines de l'abbaye.
Avec leurs sculptures pleines de mysticisme, on arrive à la Fontaine du Rocher, dédiée à saint Sicaire, dont l'eau aurait des vertus de fécondité et de guérison.
La légende attribue la fondation de cette abbaye à Charlemagne, dont on sait qu'il voyagea beaucoup dans la région.
Aujourd'hui, le bâtiment accueille la mairie, des expositions estivales et le Musée Fernand Desmoulin.
Paranormal ou mystification ? Fernand Desmoulin (1853-1914) fut l'artiste officiel de la IIIe République, graveur, peintre et portraitiste, on lui doit les portraits de Zola, Hugo, Ferry, Maupassant, Dumas…, et il est l'auteur de dessins au fusain qui intriguèrent car, dit-on, ils auraient été exécutés lors de transes médiumniques.
Ainsi, on le vit peindre ou dessiner en dépit des règles les plus élémentaires de l'Art. Il ne savait même plus ce qu'il faisait, comme en témoigne l'un de ses écrits :
«
Un soir, ma main armée d'un fusain se mit à tracer des ovales enchevêtrés les uns dans les autres, des paraphes, des griffonnages sans nom, confus et inextricables. Lorsque ma main s'arrêta au bout de vingt minutes, la feuille de papier était totalement noircie et rien ne pouvait y être distingué.
Mais, en la retournant, je constatai que ce gribouillage que je croyais informe représentait un visage de femme que j'avais tracé à l'envers sans me rendre compte du travail accompli. Et, dans un coin, en guise de signature, on pouvait lire : « Je suis l'instituteur. »
Cela relevait-il du paranormal, de la psychologie de la création ou de la mystification ?
Pierre Guelff, auteur des ouvrages "France Mystérieuse" publiés aux Editions Jourdan en collaboration avec les Presses Universitaires de France et UD.Flammarion.
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Pierre GUELFF, pour la Rédaction.