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L’ornithorynque, un mammifère qui défie l’imagination - Publiée le 5-09-2007

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LA CHRONIQUE
Prenez un bec de canard, ajoutez-y un corps de loutre et complétez le tout avec une jolie queue de castor et vous obtenez un animal des plus improbables, que même un auteur de science fiction aurait du mal à imaginer. Pourtant, un tel animal existe bel et bien, ce qui prouve définitivement que la nature a le don de mettre au point des créatures étonnantes. L'ornithorynque, puisque c'est de lui qu'il s'agit, a bouleversé les scientifiques à l'époque où il fut découvert.
En 1798, lorsque le corps d'un de ces animaux fut expédié en Angleterre, les naturalistes hurlèrent à l'imposture. Pour eux, il était évident qu'un plaisantin s'était amusé à greffer les parties d'un animal sur un autre et que cette chimère ne pouvait exister. Il fallut pourtant se rendre à l'évidence, cette drôle de bestiole était bien un animal peuplant notre planète et plus précisément l'Est du continent australien.

Une fois convaincus qu'ils n'avaient pas affaire à une vaste plaisanterie d'un goût douteux, les scientifiques se penchèrent sérieusement sur le cas de l'ornithorynque et celui-ci allait leur réserver de nouvelles surprises. Ce stupéfiant mammifère allait se révéler ovipare, ce qui défie toute logique. Aucun autre mammifère ne pond des œufs, cette spécificité étant réservée aux oiseaux et aux reptiles. Pourtant, si les femelles ornithorynques ressemblent très franchement à un castor, c'est bien en déposant de un à trois œufs au sein d'un nid douillet, qui peut être situé jusqu'à 18 mètres de profondeur, qu'elles assurent la descendance de leur espèce, ce qui en fait le seul mammifère ovipare recensé sur la planète.
Après l'éclosion, les petits se réfugient sur le ventre de la mère où est située une vaste zone mammaire dépourvue de téton. Une absence qui n'est pas préjudiciable, le lait suintant à travers la peau avant de se déposer sur les poils de l'animal, les bébés n'ayant plus qu'à lécher ceux-ci.



Les mâles ont eux aussi une particularité étonnante puisqu'ils peuvent se révéler venimeux. Au niveau de leurs pattes arrière, ils disposent d'un ergot capable d'injecter un venin puissant dont ils ne disposent que durant la période de reproduction.


Une période durant laquelle il convient de manipuler ces animaux avec précaution, car s'il n'est pas mortel pour l'homme, il peut néanmoins provoquer de très vives brulures. Ce poison peut même venir à bout de certains animaux, un chien se faisant piquer ayant de fortes chances de décéder durant les heures qui suivent.

Grâce à ses pattes palmées, l'ornithorynque est particulièrement à l'aise dans l'eau, où il se nourrit de petits invertébrés, d'insectes voire d'amphibiens qu'il déniche vraisemblablement grâce à un récepteur situé dans son bec et qui lui permet de détecter le champ magnétique émit par les petites créatures dont il raffole. Sur terre, il est en revanche beaucoup moins à l'aise, le fait que ses pattes soient situées sur les côtés l'obligeant à marcher comme un lézard. Une démarche hésitante qui peut lui coûter cher si jamais il vient à tomber sous le museau d'un chien ou d'un renard. Des prédateurs qui, à l'instar des crocodiles, ne dédaignent pas se faire un petit casse croute à base d'ornithorynques, mais sans mettre cette espèce en danger. L'activité humaine est plus préjudiciable, mais cette incroyable chimère vivante est protégée depuis 1923 et n'est pas en véritable danger d'extinction pour le moment.

                vincent, pour la Rédaction.


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