L'archipel des Samoa dans le Pacifique Sud a été dévasté par un tsunami le 29 septembre 2009. Le bilan est lourd : plus de 110 personnes décédées ou disparues et de nombreux dégâts matériels. Le point sur ce phénomène naturel terrifiant couramment appelé tsunami. C'est le mot en japonais, on l'appelle également « ondes sismiques océaniques » et plus couramment en français « raz de marée ».
A l'origine, c'est un tremblement de terre, une éruption volcanique ou encore une avalanche de roches au fond de l'océan qui va produire des vagues particulières…. de quelques centimètres ou quelques mètres seulement, mais dont l'énergie va se dissiper très rapidement à travers l'océan, à la vitesse de 700 à 800 km/h.
Lorsqu'on est au large, en eau profonde sur un bateau, on ne ressent pas cette vitesse de propagation fulgurante.
En revanche, c'est en eau peu profonde, à l'approche des côtes, que ce phénomène de propagation devient menaçant. Sa vitesse va diminuer, mais sa force augmenter. Un mur d'eau dépassant 30 mètres de haut parfois et pesant plusieurs milliers tonnes va alors frapper le rivage avec une violence extraordinaire balayant tout sur son passage. Le 26 décembre 2004, le tsunami de Sumatra avait fait plus de deux cent vingt mille morts dans quatorze pays différents.
Alors, comment lutter contre ce raz de marée ?
Au Japon, qui à lui seul, est touché par 17% de l'ensemble des tsunamis, de nombreuses digues de plusieurs mètres de haut ont été bâties aux endroits les plus sensibles. Mais elles ne sont pas efficaces à 100%.
Le moyen le plus sûr, c'est d'informer – précocement - la population de l'approche d'un tsunami.
Un système d'alerte internationale existe depuis plusieurs années, qui utilise des technologies de pointe comme les marégraphes, pour mesurer le niveau de la mer en un point donné, les sismographes qui enregistrent les secousses sismiques, et même des « tsunamimètres », ces capteurs de pressions posés au fond des mers qui sont capables de détecter des vagues de très faible amplitude, mais susceptibles de se transformer en tsunami. Les observations satellites également apportent des précisions sur la formation de la vague, sa puissance et sa vitesse de propagation.
Mais la grande question est de savoir comment la population doit se comporter, lorsque survient l'annonce d'un tsunami, lequel se propage –rappelons-le - à la vitesse d'un avion. Ainsi, une vague en provenance des côtes de l'Afrique du Nord mettrait moins d'une heure à traverser la Méditerranée.
Le modèle à suivre est certainement celui du peuple autochtone de l'île Sentinel au nord de l'archipel Andaman et Nicobar dans l'océan Indien, qui refuse tout contact avec le monde moderne, mais qui a très bien survécu au tsunami géant de l'année 2004.
Lorsque que la mer s'est retirée, les habitants ont immédiatement su qu'il fallait fuir à l'intérieur des terres. C'est «
une réaction issue d'une culture ancestrale », qui a su interpréter «
comme signes les comportements des animaux » explique Yan de Kerorguen dans son dernier ouvrage, «
La Mer : le prochain défi » aux éditions Gutenberg.et qui nous prévient qu'en Europe : "
Les scientifiques savent que la faille située sous la mer de Marmara, en Turquie, se soulèvera un jour et provoquera un tsunami qui touchera Istanbul, la capitale, à vingt kilomètre de là."
Face à ce phénomène : finalement aucune côte, aucun bassin n'est durablement à l'abri.
Matthieu d'Hauthuille
Matthieu d\'Hauthuille, pour la Rédaction.