
C'est à la fin des années 90 que Stéphane Lhomme, jeune instituteur découvre ce qui va devenir son combat de toujours : lutter pour la fermeture de toutes les centrales nucléaires en France. Il nous raconte les débuts de son aventure.
« Ecoutez, j'étais instituteur. Il m'a donc semblé que c'était vraiment urgent d'alerter l'opinion publique qui malheureusement est habituée à la présence des centrales nucléaires imposées par la force en France avec des compagnies de gendarmes mobiles et des gaz lacrymogènes ; ça a été très violent dans les années 70. Maintenant les centrales sont là. On a pris l'habitude de vivre avec. Mais le risque est toujours présent. C'est pour ça qu'en tant qu'instituteur, il m'a semblé que c'était aussi important pour l'avenir des élèves et pour les enfants en général d'avoir une vie sans nucléaire. C'est aussi important qu'avoir de l'éducation. Il faut les deux », affirme t-il.
Le nom de l'association qu'il a créé pour engager cette bataille est un savant jeu de mots alliant Tchernobyl à la station nucléaire du Blayais. Ce qui donne : Tchernoblaye. « J'ai créé l'association Tchernoblaye en Gironde en 1999 puisqu'il n'y avait pratiquement aucune activité contre la centrale nucléaire du Blayais, à côté de la ville de Blaye ; d'où le jeu de mots sur le nom de l'association Tchernoblaye. Donc plus de 10 ans après, on est toujours là à protester contre cette centrale qui justement en décembre 1999 est passée très près de Tchernobyl. Pendant la fameuse tempête qui a ravagé la France et bien cette centrale a été très gravement inondé et a frôlé la catastrophe », explique Stéphane Lhomme.
Aujourd'hui, Stéphane Lhomme a rejoint le réseau Sortir du Nucléaire qui regroupe 840 associations partout en France. Lorsque cette lutte ne l'accapare pas, c'est au sport que Stéphane Lhomme offre son temps. « Quand je ne suis pas en train de lutter contre le nucléaire, j'aime bien faire un petit peu de sport, du tennis et du foot ; ça se passe aussi dans la nature, en particulier sur l'herbe des terrains de foot. Tant qu'on n'a pas un environnement complètement contaminé, irradié par une catastrophe nucléaire, il faut en profiter », nous confie t-il. En profiter en attendant une rentrée qui s'annonce très chargée : « La centrale nucléaire du Blayais va approcher des 30 ans de fonctionnement ; et donc EDF va essayer de démontrer que la centrale peut continuer 10 ans de plus alors qu'à l'origine elle est prévue pour 30 ans ; nous allons nous mobiliser sur cette question pour convaincre l'opinion publique qu'il faut la fermer définitivement et non pas continuer à la faire fonctionner comme une vieille voiture. EDF change les pièces tout le temps, répare à gauche et à droite. Mais tout ça est en train de se dégrader de manière très inquiétante et ça pourrait très mal se terminer », conclut-il ; éviter à chaque fois de porter à bout de bras des centrales nucléaires déjà défectueuses. C'est le message que va essayer de faire passer Stéphane Lhomme.
Tchernoblaye
Sortir du nucléaire
Gildas Ngare, pour la Rédaction.