Un pas de plus vers la création du Parc Naturel Marin (PNM) d'Iroise a été franchi, mardi 17 octobre, avec la publication d'un décret autorisant la création des PNM. Mais qu'en est-il de la polémique qui anime depuis 15 ans le littoral finistérien ? La question semble ne pas en finir de déchirer élus et population : D'un côté, l'Etat et les scientifiques. |
S'appuyant sur la richesse naturelle exceptionnelle de la mer d'Iroise, le PNM s'étendra sur 3500 km², du nord d'Ouessant au sud de l'île de Sein, jusqu'aux limites du territoire maritime français. Son but est d'améliorer la connaissance et la protection du milieu naturel, mais également de développer des activités durables en son sein. De l'autre côté, les opposants au projet dénoncent un manque de concertation locale : "La réflexion se fait en vase clos dans un ministère, sans faire participer les autochtones et les utilisateurs de la mer ", lance Henri-Michel Henry, Président de l'association de défense et de valorisation des îles et du littoral de la mer d'Iroise (Advili). Forte de plusieurs milliers d'adhérents, cette association a récemment organisé de nouvelles manifestations contre le projet, sur le port du Conquet. Un manque de dialogue dont s'étonne Mme Rousseau, directrice de la mission du parc breton. " On a tenu 175 réunions de concertation", déclare-t-elle au reporter de l'agence AFP "l'inquiétude est légitime puisqu'il s'agit du tout premier parc marin ". La concertation et l'information auprès du public semblent cependant porter leurs fruits, puisqu'un récent sondage publié par le journal Ouest-France souligne que 63 % de la population est désormais favorable au projet, contre 53% en décembre 2005. |
Dernière étapes du projet, une enquête publique d'un mois sera ouverte dès le 13 novembre dans les 24 communes littorales concernées. Après la remise du rapport du commissaire enquêteur, le PNM d'Iroise pourrait bien voir le jour début 2007, par décret officiel. Une dizaine d'autres PNM devraient être créés d'ici 15 ans, et seront gérés par une Agence des Aires Marines Protégées, dont le siège social sera basé à Brest. Cette agence sera aussi responsable des sites maritimes classés dans le réseau Natura 2000 et veillera à l'application des engagements pris par la France dans le cadre des conventions internationales sur l'avenir des mers régionales. Lire sur SpectroSciences guillaume-calu, pour la Rédaction. |