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L’ozone troposphérique réduira de 12 % la production agricole mondiale - Publiée le 5-11-2007

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LA CHRONIQUE
Je vous parlais en juillet 2006 des travaux d'une équipe de chercheurs à Ispra, en Italie, sur l'impact de l'ozone troposphérique sur l'agriculture. Ces travaux viennent d'être affinés et complétés par une équipe du Massachusetts Institute of Technology (MIT).
Alors que l'ozone présent dans la haute atmosphère joue un rôle protecteur contre les rayonnements ultra-violets, celui que l'on trouve dans la troposphère, qui est la couche d'air dans laquelle nous vivons, est particulièrement nocif à la vie, animale comme végétale.


L'absence de vent et une pollution accrue en protoxyde d'azote et monoxyde de carbone favorisent la formation de ce gaz. Les transports et l'activité industrielle sont les deux principales sources de ces polluants.
Un premier seuil, fixé à 180 microgrammes par mètre cube d'air, oblige les autorités à informer la population des risques encourus, en particulier par les personnes fragiles, les asthmatiques et les personnes âgées.
Le seuil d'alerte a été quand à lui fixé à 360 microgrammes par mètre cube. Ce seuil d'alerte a été franchi durant 2 heures le 21 mars 2001 à Vitrolles et Marignane, dans les Bouches-du-Rhône, 2 villes situées à proximité d'une zone à forte activité pétrochimique.
La pollution à l'ozone augmente sensiblement les risques d'infarctus, la fréquence et la violence des crises d'asthme, et peut générer des maladies respiratoires chroniques.

De la même façon, l'ozone va nuire aux plantes, et en particulier celles dont les performances sont dopées par les fertilisants.
Chez la plante, les échanges gazeux et hydriques se font par de petits orifices situés sur les feuilles et appelés stomates. Ainsi, par ces trous, la plante « respire » d'une part, et réalise la photosynthèse d'autre part.
Comme un athlète en pleine course, la plante fertilisée ouvre grand ses stomates pour augmenter les échanges gazeux. Elle est ainsi plus touchée par les effets négatifs de l'ozone. Ses feuilles jaunissent alors et se couvrent de tâches.

Les premières estimations de l'effet de l'ozone troposphérique sur l'agriculture étaient partielles.

Elles évaluaient à 20% les pertes de cultures en Inde dès 2030, soit l'équivalent de 5 milliards de dollars.
En 2002, une étude britannique évaluait à 6 milliards d'euros l'impact de l'ozone sur l'agriculture européenne.
Cette nouvelle publication indique qu'au niveau mondial, les pertes de récoltes devraient atteindre 12%.

Depuis le début du siècle dernier, la concentration en ozone dans la troposphère aurait été multipliée par 5 dans l'hémisphère Nord.


Indirectement liés aux émissions de gaz carbonique, ces concentrations pourraient augmenter de 50% d'ici 2100 si l'on n'est pas capable de réduire nos rejets de gaz à effet de serre. Cette perspective économique désastreuse ne semble toutefois pas émouvoir le premier producteur et exportateur de produits agricoles, les Etats-Unis, qui se refuse toujours, à ratifier le Protocole de Kyoto.

Sources : Revue Energy Policy Numéro de novembre 2007.
Graphique : CNRS- URA 354
Photo : © Biologie et Multimedia

L’ozone troposphérique : Risques pour la santé et l’Agriculture

                olivier, pour la Rédaction.


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