Les seuls pays qui tireront profit du réchauffement sont les pays qui en sont responsables… [gauche]Qui voudrait acheter aujourd'hui une parcelle de terrain au Groenland ? Qui est capable de dire ce qu'elle vaudra dans 50 ans ? Alors que se tient à Bali en Indonésie et jusqu'au 14 décembre, le sommet des 188 pays qui vont tenter de réponde à l'après Kyoto, les scientifiques sont formels, le réchauffement climatique pourrait bel et bien profiter à quelques uns, et notamment aux pays les plus pollueurs, et ce, d'ici la fin du siècle. |
Avec la fonte des glaces, nous pouvons imaginer dans le grand nord l'émergence de nouveaux ports de commerce avec des cargos se succédant pour charger des minerais jusqu'ici inaccessibles du fait de l'existence de la banquise. Utopie aujourd'hui ce scénario est crédible pour demain… Le réchauffement climatique va bel et bien provoquer des bouleversements économiques et humains impensables il y a encore quelques années. Mais une fois encore, tout le monde ne sera pas servi à la même enseigne. Ce sont les pays des zones froides et tempérées qui devraient tirer leur épingle du jeu face à cette situation. Sur la zone de Scandinavie par exemple, les experts s'attendent déjà à une hausse conséquente des températures , un effet se soldant par une concentration forte en dioxyde de carbone dans l'air, ce qui se traduira par une accélération importante de la croissance des végétaux . On sait déjà que chaque degré gagné engendre un déplacement de 200 kilomètres en moyenne des espèces. Il deviendrait alors possible de planter du mais ou peut être même du blé là où aujourd'hui pousse difficilement de l'orge. La production végétale pourrait augmenter de 20 à 30 pour cent dans l'ouest de la Sibérie, si toutefois les précipitations suivent le pas et permettent de compenser la hausse des températures. [/gauche En tout logique, le réchauffement entraînera une baisse des dépenses en chauffage, pour les habitations et les entreprises. Par ailleurs, les routes ne seront plus bloquées par la neige, facilitant toute activité... Et surtout, la fonte des glaces ouvrirait de nouvelles voies de navigation pour accéder aux gisements de pétrole ou de gaz (30 années de consommation mondiale actuelle) aujourd'hui inexploités. Les plates formes pourront s'aventurer plus loin, au grand bonheur des pays comme le Canada et les Etats Unis (Alaska), dont un pétrolier interrogeait sur les conséquences du réchauffement et l'après pétrole confiait à un journaliste que la fonte des glaces n'était pas un problème, au contraire, puisque sa compagnie allait pouvoir continuer à sortir encore plus de pétrole, mais ailleurs.... |

Avec le recul de la banquise, le passage par le nord ouest devient possible au nord du Canada, même chose à l'est au nord de la Sibérie, un cargo partant d'Europe du nord n'aura plus à emprunter le Canal De Suez pour aller au Japon, sa compagnie réalisera des économies en lui faisant parcourir 4000 kilomètres de moins. Sans parler des barrages qui deviendront rentables pour l'énergie hydraulique. C'est aussi dans les pays industrialisés que la production agricole augmentera de 7 à 8 pour cent d'ici la fin du siècle, quand celles des pays chauds, du sud, des pays pauvres, elle baissera de 9 pour cent en moyenne, jusqu'à 17 pour cent pour le continent africain. Autant dire que la réunion ne Bali n'a jamais été aussi nécessaire, quand on sait que les rejets de gaz à effet de serre continue de progresser de 30 pour cent dans le monde, alors qu'il est crucial de les diviser par deux d'ici 2050. Reste que dans les pas du sud et les pays émergents, (Chine, Inde), la défense de l'environnement n'est pas politiquement une priorité. En revanche, tout le monde est d'accord pour dire que le réchauffement climatique au sud provoquera de gros dégâts, (incendies, baisse de fertilité des sols…) En gros les plus riches tiendront le cap, et les plus pauvres s'appauvriront. Reste à espérer qu'à Bali, l'union européenne elle au moins, et ses 27 membres, puissent aider ces pays à mettre sur les rails leur conversion écologique… Fabrice Hubert, Economie et Environnement
fabrice, pour la Rédaction. |