
Chibotte. Le terme paraît étrange, la vue de ce genre de construction tout autant.
Il y a une quinzaine de chibottes près du site majestueux d'Arlempdes et Vals-près-Le-Puy. Ce sont de grandes «
huttes » de plan circulaire ou semi-circulaire, bâties en pierres sèches, recouvertes d'une sorte de coupole en encorbellement.
Leur construction serait d'origine ligure (nord de l'Italie), ou l'œuvre de vignerons, de bergers, de paysans…
«
Ces petites huttes de pierre sèche, pointues et ogivales, ont défié les siècles. Elles sont encore debout, aussi solides après 3.000 ans d'existence que les rochers qui les dominent » selon A. Boudhon-Lashermes sur le web «
Chibottes » de la mairie locale.
Hélas, ce bel optimise est battu en brèche sur le même site : «
Certaines tombent en ruines, d'autres ont disparu. Les Chibottes doivent être protégées et restaurées, le site qu'elles occupent mis en valeur. »
C'est, certainement, une volonté de ma part en rédigeant la présente chronique ! Et, pourquoi pas un «
Parc des Chibottes » comme ce fut déjà proposé en 1976 ?
Car, de ma visite aux chibottes, je garde un souvenir particulier, comme je l'avais noté dans mon «
carnet de bord » sur le Chemin vers Saint-Jacques-de-Compostelle :
«
Malgré la chaleur suffocante qui m'écrase sur ses hauts plateaux volcaniques, je décide de sillonner des chemins qui mènent à plusieurs sites de ce Velay secret lors des deux ou trois jours de « repos » que je m'attribue avant de repartir vers la Galice.
Les chibottes sont des constructions bizarres et ont intrigué tous les savants qui les ont visitées de près.
Bâties par l'homme, elles ressemblent aux cabottes provençales, bories du Luberon et autres capitelles nîmoises. Leur construction se perd dans la nuit des temps et maintes théories sont avancées au sujet de leur origine et de leur fonction.
Je m'approche de l'une d'elles, son ouverture est bien régulière à la base et l'imposant cône de pierres plates entassées les unes sur les autres paraît bien stable. Je pénètre dans ce lieu plein d'énigmes, il y fait sombre, il y fait frais. Le silence est total et engage au repos, voire à la méditation… pastorale.
J'ai lu Jean Peyrard et son « Histoire secrète de l'Auvergne » avant de venir ici. Il propose aussi plusieurs explications au sujet de ces constructions énigmatiques : demeures gauloises, chambres à coupole du type de celles rencontrées en Asie Mineure, abris de tranchée, refuges, cénotaphes (monuments élevés à la mémoire des morts et qui ne contenaient pas de corps), tombes, encorbellements comparables à ceux de Babylone et d'Egypte, lieux voués au culte solaire ou pour y fêter les hyménées au soir du solstice d'été.
Des questions, encore : ces chibottes ont-elles été construites à l'époque néolithique ? Pourquoi y a-t-on retrouvé des perles, des silex, des hachettes, des poteries, un mortier, un entonnoir taillé dans la pierre de Blavozy ? »
A ce sujet, j'ai lu dans les archives de la petite église Saint-Martin de Polignac construite au Xe siècle, que ses chapiteaux avaient été érigés en pierre blanche de Blavozy car «
elle se sculpte mieux ».
Coïncidence ? «
Et s'il s'agissait tout simplement des cabanes bâties par des bergers ? » me suggéra encore un confrère d'un journal local.
Soit, mais ces bergers-là étaient alors de fameux Bâtisseurs !
Pierre Guelff, auteur de "France mystérieuse, insolite et sacrée", deux tomes, Groupe Editions Jourdan-L'Arbre.
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Pierre GUELFF, pour la Rédaction.