Parmi les animaux sauvages peuplant notre pays, certains sont plus insaisissables que d'autres et ne se laissent que très rarement observer, même par les habitants des zones rurales. La chouette effraie, aussi surnommée dame blanche ou chouette des clochers, fait partie de ceux-ci. Pourtant, de façon assez étonnante, cet animal est connu d'un grand nombre de gens. Il faut dire qu'il s'agit de la chouette la plus répandue sur notre territoire et qu'elle est très souvent représentée, que ce soit sous forme de sculptures ou de peintures. |
Sa beauté naturelle explique peut-être pourquoi elle a fasciné nombre d'artistes désireux d'immortaliser la grâce de cet oiseau de nuit. Un rapace nocturne qui arbore une maginifique teinte blanche sur l'ensemble de son ventre et de sa face, son dos d'un brun clair tacheté, du plus bel effet, lui assurant un bon camouflage. Son masque facial en forme de coeur et ses grands yeux ronds et noirs insondables lui confèrent également un aspect des plus agréables. Si elle ne fait pas figure de géant dans le vaste monde des rapaces, la chouette effraie n'est pas non plus une liliputienne. Mesurant de 33 à 39 centimètres et possédant une envergure à peine inférieure à un mètre, cet animal est tout de même imposant et si vous croisez sa route une nuit, voyant passer en plein vol une forme blanche, presque fantomatique, nul doute que vous ne pourrez pas réprimer un petit sursaut. Une frayeur qui explique en partie son nom, son cri perçant, caractéristique de l'espèce, ayant également glacé d'effroi bon nombre de paysans ou simples promeneurs. C'est d'ailleurs peut-être pour cette raison que la dame blanche a longtemps eu si mauvaise réputation. Dans le temps, il n'était pas rare de retrouver un de ces magnifiques oiseaux crucifié sur la porte d'une grange, les habitants des campagnes pensant ainsi éloigner les mauvais esprits. Une pratique qui a heureusement presque disparu aujourd'hui, ce qui ne garantit pas l'avenir de l'espèce. La chouette des clochers doit en effet faire face à des périls bien plus grands, à commencer par les fils électriques et, surtout, au trafic automobile. |

Chassant en terrain dégagé, elle croise bien trop souvent la route de nos voitures lors de ses vols à basse altitude et nombre d'entre elles finissent ainsi leurs jours. L'autre grand problème de cette espèce est que, paradoxalement, elle s'est parfaitement habituée à l'homme et réside généralement dans de vielles granges, les clochers des églises, d'où son surnom, ou des bâtiments abandonnés. Des lieux d'accueil qui se font de plus en plus rares, les clochers étant souvent grillagés pour éloigner les pigeons et les granges détruites ou aménagées. Les lieux de nidification se font donc rares et les populations d'effraie déclinent de façon inquiétante. Particulièrement utiles du fait de leur appétit pour les campagnols et autres dévoreurs de récoltes, les dames blanches doivent absolument être protégées et ce d'autant plus quelles sont de petites merveilles de technologie. Leur ouïe à elle seule est prodigieuse et leur permet de traquer ces petites proies rien qu'en se servant de leurs oreilles exceptionnelles. Leur plumage et notamment leurs rémiges, soit les grandes plumes au contact de l'air, dentelées sur leurs bords comme de petits peignes, leurs permettent de voler sans faire le moindre bruit, ce qui est remarquable. Alors, si vous avez un jour la chance de croiser la route de cet animal, pas en voiture surtout, savourez donc cette rencontre unique avec l'un des plus beaux rapaces de notre pays. vincent, pour la Rédaction. |