
A 300 kilomètres et quelques heures de pirogue de Quito, commencent l'Amazonie et le parc Yasuni, une des plus riches réserves naturelles de la planète, territoire protégé de communautés indiennes waoranians, les derniers représentants de ce qu'on appelle les "sociétés de l'abondance", qui produisent le minimum pour satisfaire leurs besoins. Et la jungle offre des ressources considérables, on trouve par exemple dans un seul hectare du parc Yasuni, plus de 600 variétés d'arbres.
Mais cette jungle est aussi assise sur une richesse plus concrète : le pétrole
Et les impacts de son extraction sont nombreux : pollution, déforestation, destruction du tissu social,'extinction de cultures, etc...
Pour l'instant, le gouvernement équatorien n'a pas touché à ce pactole, estimé à 7 milliards de dollars. Un élan écologiste surprenant pour une nation dont une grande partie des ressources proviennent du pétrole.
Tout l'enjeu de la proposition de Rafael Correa, le président équatorien, est de donner une valeur à la biodiversité. Le pays envisage de laisser sous terre le pétrole amazonien du Yasuni, en échange d'une contribution financière des pays industrialisés, estimée à 350 millions de dollars par an pendant dix ans.
En octobre dernier, La France a offert "un soutien très favorable" à l'initiative équatorienne. La proposition ne s'est pas concrétisée en terme de financement mais pourrait se formaliser l'année prochaine. L'Equateur sollicite de la France un financement de 23 millions d'euros par an pendant treize ans. Il démarche en outre d'autres pays européens comme la Suède ou l'Allemagne apparement disposée à payer plus de 30 millions d'euros par an
Cet argent, placé dans un fonds dont les intérêts reviendraient au pays, financerait trois type d'activités : d'abord la reforestation et la protection de l'Amazonie, mais aussi le développement des énergies alternatives dans le pays et enfin la recherche scientifique.
Idée un peu folle du Président serait en fait de prouver que l'Equateur peut profiter de ses richesses pour se transformer en société de connaissance biologique, leader en biochimie, pharmacie et biomédecine.
Voilà le beau coté des choses, mais si, les réserves du parc Yasuni font l'objet de toutes les attentions, quelques kilomètres plus loin, l'exploitation et la pollution se poursuivent. Selon certains proche du projet Le risque est que le gouvernement utilise Yasuni pour continuer à faire ce qu'il veut à côté, attention ! »
Anne-Laurence MAZENQ, pour la Rédaction.