Si je vous dis dragon, vous allez sans doute imaginer de fantastiques créatures crachant le feu, des monstres immenses combattus par des chevaliers sans peur et parfois même sans reproches ou des créatures ailées semant terreur et dévastation sur leur passage. Il faut dire qu'au rayon des animaux mythiques, les dragons se posent comme de véritables vedettes, nombre de contes et légendes en ayant fait des stars à part entière. |
Cette forte implantation dans l'imaginaire collectif explique certainement pourquoi, lorsqu'ils furent découverts, au début du XXe siècle, les varans de l'île de Komodo furent aussitôt surnommés dragons de Komodo. Un qualificatif assez lourd à porter, mais qui va finalement assez bien à un animal pour le moins hors norme. Les mâles de cette espèce pouvant mesurer jusqu'à trois mètres de longs pour plus de 140 kilos, ces lézards présentent un aspect redoutable. Leur appétit pour les charognes, qu'ils dévorent avec délectation, n'améliore guère leur image. Mais les varans de Komodo ne se contentent pas d'attendre de trouver des proies mortes, ce sont également de redoutables chasseurs. Dotés de griffes impressionnantes, d'une machoire très puissance et capable de courir aussi vite qu'un homme, ils possèdent toutes les armes d'un grand prédateur. Les proies échappant à leur vorace appétit sont d'ailleurs rares. Les plus jeunes dévorent tout aussi bien des oiseaux, des rongeurs, des lézards ou des insectes, tandis que les adultes peuvent chasser des proies aussi imposantes que des cochons, des cerfs ou des buffles. Excellents grimpeurs et nageurs, les dragons de Komodo utilisent même l'arme bactériologique. Leur hygiène dentaire, que l'on pourrait de qualifier de déplorable, et le fait qu'ils se nourrisent régulièrement de charognes fait que leur bouche renferme des colonies de bactéries. Si cela ne leur procure aucun désagrément, il n'en va pas de même pour leurs victimes. S'ils parviennent à mordre un animal, la blessure infligée provoque généralement une infection très rapidement. |

Au bout de quelques jours, l'animal décède des suites de la gangrène et cela fait une charogne de plus à se mettre sous la dent. Ces aptitudes de prédation particulièrement efficaces expliquent sans doute l'incroyable longévité de cet animal à travers les âges. Il y a en effet pas moins de 140 millions d'années que les dragons de Komodo peuplent notre planète. Pour vous donner une petite idée de ce que cela représente, sachez que les origines de l'espèce humaine remonteraient à environ 200 000 ans seulement. Nous venant tout droit de la préhistoire, ces animaux exceptionnels ont donc survécu sur quatre îles indonésiennes, mais sont aujourd'hui menacés. Selon les etsimations, il resterait environ 5 000 individus encore en vie, dont environ 3000 à Komodo. Des chiffres qui ont une fâcheuse tendance à la baisse, du fait notamment du braconnage du cerf fusa, l'une des proies principales de ces gigantesques lézards, et de la destruction de leur habitat. Il convient donc de protéger cette espèce pour ne pas voir disparaître une crétaure étonnante et finalement tout aussi mythique que les dragons de nos légendes. vincent, pour la Rédaction. |