
Depuis plusieurs mois déjà, il suffit d'ouvrir un journal, d'écouter ou de voir les informations pour entendre parler de la crise qui touche l'ensemble de la planète. L'immobilier, le secteur automobile ont notamment fait la une de l'actualité, ces deux secteurs ayant été frappés de plein fouet, mais ils ne sont pas les seuls, loin de là. Le domaine des énergies renouvelables est lui aussi victime de ce ralentissement qui touche l'économie mondiale ce qui, en plein réchauffement climatique, pourrait avoir des conséquences néfastes, même si le pessimisme ne doit pas être de rigueur pour autant, en tout cas sur le long terme.
Pour l'Agence Internationale de l'Energie (AIE), la crise devrait ainsi voir les investissements dans les énergies renouvelables baisser de 38% cette année, ce qui est considérable. La baisse du prix du gaz et du pétrole n'arrange rien et plusieurs sociétés se trouvent fragilisées, voire ont déjà mis la clé sous la porte récemment. Investisseurs de plus en plus inquiets et peu enclins à prendre des risques, banques qui accordent plus difficilement des crédits, voilà deux facteurs qui expliquent ce ralentissement spectaculaire.
Pour autant, cette baisse des investissements ne doit pas occulter le boom incroyable qu'a connu le secteur des énergies renouvelables au cours de ces dernières années. Il faut souligner qu'en 1998 dix milliards de dollars avaient été investis dans les énergies propres, un chiffre qui a explosé en peu de temps pour atteindre 66 miliards de dollars en 2007. Les prévisions pour les années à venir sont encore plus spectaculaires puisque l'on estime que ce marché pourrait générer 343 milliards d'investissement en 2020 et 630 milliards dix ans plus tard.
Une des explications quant à cette hausse impressionnante tient au fait que de nombreus pays se sont fixés des objectifs à atteindre afin de limiter les émissions de CO2 et réduire leur dépendance aux énergies fossiles. L'Union Européenne a ainsi décidé de fixer à 20% le taux des énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie d'ici à 2020. Un objectif ambitieux qui varie selon les pays, la France devant atteindre 23%, contre seulement 15% pour l'Angleterre, mais à mettre en parallèle avec les 49% demandés à la Suède.

Pour l'heure, les Etats membres de l'Union ont pris un peu de retard sur cette feuille de route et il n'est pas certain que ce plan soit respecté à la lettre à la date indiquée, mais ces directives ont le mérite d'accélérer un processus que l'on ne peut qu'espérer encore plus rapide, même si les contraintes sont nombreuses. Pour ce qui est de la France, il faudra d'ici 2020 produire 20 millions de tonnes équivalent pétrole grâce aux énergies renouvelables et ce chiffre est considérable. Ainsi, le ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo a expliqué qu'il faudrait notamment multiplier par 400 la production photovoltaïque, par dix celle de l'éolien et par six celle de la géothermie.
Optimiste, Jean-Louis Borloo ajoute que cette nouvelle politique énergétique pourrait avoir des incidences très positives sur l'emploi. En 2006, le secteur des énergies renouvelables représentait 85 000 emplois et ce chiffre pourrait être porté à 155 000 d'ici 2012 seulement. Au final, le ministre de l'écologie affirme que le Grenelle de l'environnement devrait permettre la création de 500 000 emplois dans les secteurs du bâtiment et des énergies renouvelables d'ici 2020. Un chiffre impressionnant, mais que l'on espère ne pas être un simple effet d'annonce gouvernemental.
Vincent Armillon, pour la Rédaction.