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La disparition du corail peut avoir des conséquences catastrophiques

NATURE ANIMALE
Chronique du 7-10-2007

Par Vincent Armillon
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LA CHRONIQUE
Si vous avez déjà vu un morceau de corail mort, vous avez sans doute eu du mal à croire que vous aviez un animal sous vos yeux. Ressemblant plus à un minéral qu'autre chose, le corail fait pourtant bien partie du règne animal. Un animal étonnant dont le rôle dans les écosystèmes marins se révèle primordial. Aussi, sa disparition progressive a de quoi inquiéter car, sans le corail, c'est une multitude d'espèces qui pourraient être amenées à disparaître. La disparition des récifs de corail serait tout bonnement catastrophique. Il faut dire que ces récifs sont à eux seuls un véritable écosystème complexe. Tellement complexe qu'il est encore difficile d'imaginer ce que deviendrait la vie sous marine sans cet organisme si particulier. Pour comparaison, c'est un peu comme si la forêt vierge d'Amérique du Sud disparaissait purement et simplement.

Les récifs coralliens abritent une vie abondante, voire foisonnante. Des centaines d'espèces de poissons et de crustacés trouvent en effet refuge dans les nombreux trous qui parsèment les coraux. Abritées, ces créatures peuvent se multiplier à foison, même si elles doivent faire face aux nombreux prédateurs qui croisent dans les parages, attirés par cette vie foisonnante. Les requins sont ainsi légion à patrouiller dans les parages de récifs qui sont de véritables garde-manger inépuisables. Mais voilà, ces récifs ne sont pas inépuisables que cela. Si jamais le corail meurt, c'est l'ensemble de ces écosystèmes complexes qui s'écroule. Un scénario catastrophe qui semble malheureusement de plus en plus réaliste, et peut-être même inéluctable. Si les chiffres varient quelque peu selon les estimations, de nombreux experts s'entendent pour affirmer que 10% des coraux sont déjà morts, que 30% sont d'ores et déjà condamnés et que 60% sont amenés à disparaître dans les années à venir.



Il faut dire que ces organismes sont particulièrement fragiles. Cela peut sembler bizarre quand on sait qu'à eux seuls ils ont créé de véritables mondes. Nombre d'îles parsemant la surface du globe ne sont en effet qu'une accumulation de coraux décédés, dont l'enveloppe calcaire s'est agglomérée pour former des terres émergées. Mais voilà, ces véritable architectes océaniques sont sensibles et même très sensibles. La moindre pollution de leur environnement peut leur être fatale et, plus grave encore, ils ne supportent pas les variations de climat. Une différence de un degré en plus ou en moins et c'est tout un récif de corail qui peut disparaître purement et simplement. Autant dire que pour les coraux le réchauffement climatique en cours s'avère catastrophique.

La disparition de cette espèce, composée d'organismes microscopiques bâtissant une véritable armure de calcaire pour se protéger, aurait non seulement des conséquences sur l'ensemble de la faune et de la flore vivant dans les récifs, mais pourrait également toucher l'homme de plein fouet. Les barrières de corail sont en effet de véritables remparts contre la fureur dévastatrice des océans. Leur présence permet de briser les vagues déferlantes qui, sans eux, iraient s'abattre sur les côtes de nombreuses îles, mettant en péril la population qui les peuple. Sans le corail, les côtes australiennes pourraient ainsi être balayées par de terribles tempêtes, elles qui sont protégées actuellement par la merveille de la nature qu'est la grande barrière de corail, une structure aux dimensions hallucinantes qui est visible depuis l'espace. On le voit, la mort du corail pourrait laisser augurer des heures sombres pour une humanité qui devra bien, un jour ou l'autre, apprendre à respecter cette planète qui l'héberge.

                Vincent Armillon, pour la Rédaction.



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