Un long moment est passé depuis nos dernières nouvelles, beaucoup de kilomètres ont été parcourus et de nouvelles rencontres ont rempli ces derniers mois. Burkina faso, Niger puis aujourd'hui le Cameroun que nous arpentons depuis 1 mois. En quelques mots, nous retiendrons du Burkina l'image d'un pays de bon accueil où sous l'impulsion de nombreuses ONGs, les projets se multiplient avec plus ou moins de succès. |
Avec comme exemple prometteur une forêt gérer durablement près de Bobo-Dioulasso, impliquant en grande partie les populations locales (surtout les femmes) assurant le succès et surtout la pérennisation du projet. Au Niger, ce qui nous a marqué, c'est la volonté farouche d'avancer et l'enthousiasme débordant de certains Nigériens de vouloir faire progresser dans la paix l'un des pays les plus pauvres du globe (au classement de l'indice de développement humain le pays est 177 sur 177) mais aussi une subsistance énergétique des ménages reposant très essentiellement sur le bois alors que le désert gagne 100 000 ha par an. Tandis que Areva et consort explorent et exploitent les gisements d'uranium (qui fournissent « l'indépendance ?!? » énergétique de la France), de pétrole et d'or…exportant ressources et richesses sans aucune retombées (ou si peu) pour les peuples autochtones (connaissant la couverture médiatique française sur l'Afrique, on doute que vous ayez entendu parler de la rébellion armée et tueuse du Nord Niger et des suspicions que le peuple Nigérien porte sur Areva dans cette affaire). Et puis nous voilà au Cameroun, après un bref passage d'une journée au Nigeria. Et là tout change, cultures, paysages, habitudes…Le pays est « riche en bois », l'eau abonde et les fleuves sont nombreux, sans compter les quelques réserves de pétrole. Malgré tout, l'ambiance est « étrange », la corruption est omniprésente et freine l'élan d'une population jeune et militante. Le bois « géré durablement » et sous label est réservé à l'exportation, et les coupes sauvage nombreuses sont toujours à l'ordre du jour pour le marché intérieur et encore une fois sans retombées réelles pour les populations locales. Le taux d'électrification en milieu rural est de l'ordre de 5%. |

Même si nous n'en sommes pour l'instant qu'à l'orée, on peut dire sans trop prendre de risque que la forêt perd du terrain dans le 2ème poumon de la planète qu'est l'Afrique centrale. Bien qu'aucune filière énergie renouvelable n'existe, quelques privés, ONGs et autres tentent de les introduire et des réalisons ont montrées que ça pouvait marcher : pompage solaire, foyers améliorés et de nombreuses pistes sont explorées et, la plupart du temps avec succès, dans la récupération des déchets qu'ils soient agricoles, urbains, ou forestiers. Côté bilan carbone, le résultat est toujours bon, les routes du Burkina sont très bien entretenues, même si le 4x4 était indispensable pour rejoindre le Nord. L'immense Niger se parcourt également assez aisément, si les bus ne tombent pas trop en panne (expérience vécue : 10h d'attente au milieu de nul part dans l'est Nigérien pour une boite de vitesse cassée). Pour le Cameroun le train qui relie le Nord au Sud nous a permis de rejoindre la capitale « facilement » et nous a fait gagner du temps malgré les 14h de trajet pour un peu plus de 600km. A noter l'expérience d'un nouveau moyen de transport la moto-taxi qui est bien pratique en ville et peu émissif car on monte à 3 dessus… pratique qui est la plus courante ! nathalie-fabien , pour la Rédaction. |