
Et si la crise faisait de l'économie durable une formidable opportunité ?
[gauche]Revenu agricole en berne, normes européennes non adaptées aux marchés nationaux, spéculation en tout genre, sans parler biodiversité et disparition d'espèces, réduisant l'activité de certains producteurs spécialisés, de plus en plus de spécialistes s'interrogent sur les bienfaits de la crise…Serait-elle une clé pour sortir non pas de la mondialisation, mais pour permettre aux acteurs de cette économie de changer leurs habitudes ? La terre perd du terrain et le phénomène est grandissant. Selon certaines études, Chaque année en France, 60 000 ha de terrains agricoles et naturels disparaissent,engloutis par les implantations industrielles ou des habitats urbains, on parle déjà de plus en plus des bienfaits de «
l'épargne solidaire »…
C'est parfois déjà le cas quand un vrai fond d'investissement décide de se porter acquéreur de terres agricoles avant qu'elles ne disparaissent, pour les louer ensuite à de jeunes paysans aux revenus modestes se lançant dans le bio notamment. A titre d'exemple, fin 2008, la « Foncière Terre de liens » parvenait à collecter près d'un million d'euros de capital auprès de nombreux actionnaires pour réinvestir. Le champ d'action est grand si la volonté s'y prête. Pour information, courant 2007, notre pays ne comptait que 2 pour cent de terre cultivées en régime biologique quand le nombre d'importateurs de ce type de produits lui augmentait de 30 pour cent par rapport à la période précédente. Pourquoi aller chercher chez les autres ce que nous pourrions produire nous même ? Le principe est simple. L'agriculteur qui s'installe paie un loyer calculé sur la base du prix à l'hectare que fixent les départements. Pour que le principe fonctionne, chacun « doit jouer le jeu », mais il est simple.
Chaque épargnant qui veut participer doit acheter au moins une action d'une valeur de 100 €. 75 € sont investis directement dans l'achat de terres et de fermes, le restant est mis en réserve pour permettre le remboursement des actionnaires sortants. Bien que l'actionnaire ne soit pas engagé pour une durée minimum, La Foncière l'encourage à rester pour une période d'au moins 10 ans. Aux actionnaires qui bénéficient des réductions d'impôt prévues par la loi, un engagement minimum de cinq ans est en revanche exigé. Ce placement, n'est pas rémunéré mais le montant investi est remboursé au rythme de l'inflation.
Un bon moyen de lier solidarité et développement durable
Fabrice HUBERT
Economie et Environnement Sources: La Nef, Biocoop, Demeter, Fédération nationale d'agriculture biologique
Fabrice HUBERT, pour la Rédaction.