Eco-mer fait le point cette semaine sur l'affaire du thon rouge… C'est la sempiternelle question : veut-on que nos enfants, les générations futures, puissent demain avoir du thon rouge dans leur assiette ? Enfin, la question doit être posée surtout aux… Japonais, puisque 80% du thon rouge pêché en Méditerranée par les pêcheurs français part directement là-bas, au pays du Soleil Levant, où ce poisson est un met très prisé qui se vend à prix d'or : un thon rouge de 200 kilo s'est récemment vendu pas moins de 25 mille euros à la criée de Tokyo !
Veut-on que l'espèce disparaisse ou pas ? En cette année 2010, baptisée « année internationale de la biodiversité », il faudrait peut-être arrêter de tergiverser… Et se rappeler le cas de la morue de Terre-Neuve.
Le thon rouge de Méditerranée ne risque –t-il pas de subir le sort que connut la morue de Terre-Neuve au large du Canada il y a vingt ans ?
Cette morue était considérée au siècle dernier comme le poisson le plus important du Canada. Ce produit de la mer était tellement abondant qu'on bravait vents et marées pour s'en procurer. Jusqu'aux années 60, où l'on découvre que le stock de morue a diminué de plus de 90% et que l'espèce, dans certaines zones, a même complètement disparu à cause de la surpêche.
Finalement en 1992, la pêche à la morue est interdite par le gouvernement canadien. Trop tard, semble-t-il. Puisque, malgré ce moratoire, le stock de morue n'a pas réussi à se reconstituer depuis…Et il n'est pas certain qu'il revienne un jour, à cause de la modification de l'écosystème expliquent les scientifiques.
On doit se poser la même question en ce qui concerne le thon rouge de Méditerranée, dont les stocks auraient baissé de 75% au cours des cinquante dernières années. Les spécimens de thon ayant atteint l'âge de 15 ans, voire même 30 ans et qui peuvent atteindre 500 kilos pièce …se font de plus en plus rare.
C'est la raison pour laquelle la principauté de Monaco propose de classer l'espèce à l'annexe I de la Convention sur le commerce international des espèces de flore et de faune sauvages menacées d'extinction, appelée convention CITES, pour interdire tout simplement le commerce du thon rouge. Comme c'est déjà le cas pour la Baleine.
Le gouvernement français vient lui aussi – officiellement - de déclarer, le 3 février, qu'il était favorable à cette interdiction, avec néanmoins un sursis de 18 mois. C'est un délai « Trop court » estiment les pêcheurs thoniers qui n'envisagent nullement de se reconvertir. C'est beaucoup « Trop long » estime pour leur part les écologistes pour qui, il y a urgence.
Greenpeace, notamment, invite les internautes à faire pression sur le gouvernement via un modèle de lettre à adresser par mail au ministre de l'agriculture et de la pêche, M. Bruno Le Maire, via l'adresse : greenpeace.fr / thon rouge.
Reste que le sort du «
Thunnus Thynnis » se jouera maintenant à Doha au Qatar, où a lieu en mars la prochaine réunion des 175 pays membres de la CITESS, dont les décisions se prennent à une majorité des deux tiers. Et, où le Japon… va tout faire pour empêcher que le commerce du thon rouge ne soit interdit.
Matthieu d'Hauthuille lien vers la lettre de Greenpeace
Matthieu d\'Hauthuille, pour la Rédaction.