
La grande foire du nautisme, le salon Nautic vient d'ouvrir ses portes à Paris, Porte de Versailles, jusqu'au 14 décembre. 300 000 visiteurs sont attendus cette année à ce rendez-vous incontournable des professionnels de la plaisance. D'un point de vue environnemental, de nombreuses innovations sont présentées, qui laissent penser que les marins sont devenus plus responsables.
D'abord au niveau de la conception des bateaux. Un exemple ? Celui des coques dites biodégradables, qui ne sont plus une utopie. Elles sont composées de fibres végétales, comme le chanvre ou le lin, associées à des résines dérivées d'amidon de maïs ou de pomme de terre. Ces biomatériaux n'ont pas encore remplacés la fibre de verre et le polyester pour la construction des bateaux de série, mais certains y croit. Comme le navigateur Régis Garcia qui présente au salon son projet de voilier pour la course du Rhum 2010. Un voilier de course au large dont la coque de 18 mètres de long est fabriquée en fibre de lin.
Pas encore de coque biodégradable donc parmi les voiliers de série présentés par les constructeurs à ce salon, mais des avancés certaines en matière d'éco-conception depuis la création du label « Bateau Bleu » de la Fédération des industries nautiques. Comme les cuves à eaux noires qui se généralisent sur tous les bateaux neufs. Et aussi un système anti-débordement du carburant pour prévenir les rejets en mer.
On trouve ensuite au salon des innovations dans le domaine de la propulsion. Avec notamment un nouveau venu parmi les bateaux électriques. C'est Odonata, un petit trimaran écolo et chic équipé de batteries en lithium-ion qui se rechargent en un rien de temps à la prise électrique de quai et propulsent le bateau à plus de 17 noeuds, soit plus de 30 km/h.
En ce qui concerne la production d'électricité embarquée, le salon présente les dernières innovations pour la pile à combustible qui fonctionne à l'éthanol et ne dégage que de la vapeur d'eau, ou encore cette éolienne qui s'utilise aussi comme hydrogénérateur par un simple basculement dans l'eau.
Du côté des produits d'entretien pour la coque et le pont des bateaux, là aussi, l'écologie a la côte. Anti-fooling dit « propres », détergeants «moins toxiques » et certains qualifiés de « biodégradables » sont présentés aux plaisanciers. Reste à chacun de faire le tri entre le bon grain et l'ivraie. Afin de réduire son impact sur l'environnement marin lorsqu'on nettoie son bateau.
A l'occasion de ce salon, ce sont les régions maritimes qui, elles aussi, veulent marquer le coup en présentant leurs initiatives pour sensibiliser les plaisanciers sur les questions environnementales. En particulier, la région PACA qui remettra les premières certifications AFNOR pour une « Gestion Environmentale Portuaire » aux ports propres de la Provence et de la Côte d'Azur.
Salon Nautic 2008
Matthieu d\'Hauthuille, pour la Rédaction.