C'est une véritable unité de captage pour le CO2 qui est sur le point d'être testée par le géant Alstom en virginie, aux États-Unis.
C'est le résultat d'un projet commun de technologie de capture aux amines*, mené par Le groupe numéro un des centrales électriques au charbon clés en main avec la société Dow, et qui vise à capturer le CO2 des fumées issues de la chaudière au charbon d'une multinationale américaine productrice de pesticides et filiale de Dow depuis 2001dans cet état américain. Les initiateurs de cette tentative tablent sur la capture de près de
1 800 tonnes par an, Dow fournira le site et les infrastructures, les produits chimiques et son expertise dans le domaine des amines. L'unité devrait être opérationnelle dans le courant de l'été 2009.
Derrière ce projet américano europeen se cache aussi le plus grand site de production électrique à partir de charbon en Europe. Basé en Pologne, une nouvelle centrale de 858 MW doit encore y être construite, et le contrat avait été remporté il y a 4 ans par Alstom sous réserve de faire un geste pour l'environnement. Alstom s'est alors fixé l'objectif de traiter d'ici 2015 une unité de 300 MW, soit un tiers des émissions de la nouvelle centrale polonaise, soit un million de tonnes de CO2 par an. Pourvu que le procédé soit au point.
Pour faire simple, il s'agit de mettre au point des solvants d'amines liquides agissant au contact du gaz CO2 contenu dans les fumées. La technique utilisée par Alstom pour attraper le CO2 est une technique de "post combustion", c'est-à-dire qu'elle intervient après que le charbon ait été brûlé. Une solution d'amines recyclée à l'infini est au cœur du process.
Les amines sont déjà largement utilisées dans l'industrie pour fabriquer de l'ammoniac ou pour purifier le gaz naturel, mais selon leur qualité elles ont aussi un coût, il peut varier de 1 à 10. Le prix de la
tonne de C02 qui est au plus bas avec la crise, (autour de
10 euros), ne rend pas rentables aujourd'hui ces technologies vertes, mais quel sera le prix du CO2 en 2015 ? En toute logique, plus vite les technologies vertes se développeront et moins lourde sera la facture pour le consommateur ultime, et puis le prix du CO2 sera conditionné par le coût des technologies à partir desquelles il sera possible de le capturer : autour de
50 à 60 euros au-delà de 2015 serait envisageable selon les spécialistes...Un rappel : il est question et même vital d'être à moins 80% d'émissions de gaz à effet de serre d'ici 2050, ce qui est demandé par les climatologues pour éviter une catastrophe climatique à l'échelle de la planète. Pour avoir un ordre d'idée, cela se traduirait par une tonne de CO2 à 180 euros.
Alors à quand la flambée sur le prix du carbone ?
Sources : usinenouvelle.com
* Amine
En chimie, une amine (-NH2) est une molécule dérivée de l'ammoniac dont certains hydrogènes ont été remplacés par un groupement carboné.
Fabrice HUBERT, pour la Rédaction.