
«
Rocamadour doit son nom à l'ermite Amadour qui ne serait autre que Zachée, le disciple de Jésus et mari de Véronique qui essuya le visage du Christ lors de la montée du calvaire. Amadour vivait dans l'anfractuosité de la paroi rocheuse où fut découvert son corps en 1166 et surnommé « roc amator » (« celui qui est familier du roc ») par les pauvres gens qui le côtoyaient, sans connaître son véritable nom. »
Voici la première information glanée en ce lieu extraordinaire. La deuxième : «
Dans la paroi surplombant la chapelle Saint-Michel et la Chapelle Notre-Dame, on peut voir fichée dans le roc, l'épée Durandal de Roland. On raconte que ce serait l'archange lui-même invoqué par le neveu de Charlemagne qui, d'un seul jet, l'aurait lancée jusque là pour que les infidèles ne s'en emparent pas à Roncevaux. »
Rocamadour, c'est une «
formidable citadelle de pèlerinages et de foi », selon l'auteur André Douzet («
France-Secret »), au passé mystérieux. C'est une halte majeure sur le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle où l'on prie une Vierge Noire du XIIe siècle à la finesse exceptionnelle, où l'on voit donc la Durandal fichée dans la falaise, où fut écrit le «
Livre des Miracles » (1172) relatant les multiples et merveilleux miracles s'étant produits en mer, dans des prisons…
Concernant la Durandal, voici une autre version. C'est celle qui dit qu'après avoir vainement tenté de la détruire pour ne pas la laisser aux mains des «
Infidèles » qui venaient de le vaincre, Roland, le parent de Charlemagne, l'aurait lancée depuis Roncevaux vers Rocamadour, où il s'était arrêté en 778, et, aidée par des anges, la Durandal se serait plantée dans le roc amadourien. Aujourd'hui, c'est une copie de l'épée que l'on voit, car les Anglais auraient subtilisé l'originale !
Sur un autre plan symbolique, on découvre dans l'église une représentation murale qui montre trois jeunes gentilshommes interpellés dans un cimetière par trois morts : c'est un rappel de la brièveté de la vie terrestre et de l'importance du salut de son âme.
Rien ne laisse indifférent en ce lieu magique et mystique.
Prenons le cas de la Vierge noire. Une très ancienne tradition prétend que c'est Amadour lui-même qui, au Ier siècle donc, a ramené une statue de couleur noire sculptée par… saint Luc, l'évangéliste !
L'actuelle statue date, selon les experts, du XIIe siècle et elle est vraiment particulière : elle a les bras écartés et ne tient aucun objet, encore moins l'Enfant assis sur son genou gauche !
La dépouille d'Amadour fut découverte en l'an 116 à l'occasion de travaux. Le corps était en parfait état de conservation, paraît-il, et il fut gardé comme précieuse relique jusqu'au moment – en 1562 – où les protestants mirent à sac la cité et brûlèrent les restes du corps miraculeux.
Que je parle de miracle, il faut savoir que 126 procès-verbaux - débutant en 1172 – font état de faits « merveilleux », dont 90 évoquent des guérisons.
Souvent, il est question de gens qui recouvrent la vue et, aussitôt, les ésotéristes mirent cela sur le compte de saint Luc (référence faite à la statue du Ier siècle), à la lumière, à la vie, à la clarté.
Pierre Guelff, auteur des deux tomes de « France mystérieuse, insolite et sacrée » (Editions Jourdan).
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Pierre GUELFF, pour la Rédaction.