
A l'heure de la sacralisation de la biodiversité, la faune sauvage est parfois le jeu d'instrumentalisation permettant aux hommes de régler leurs comptes par animaux interposés.
Et décidément, les bases américaines présentes au 4 coins du monde se retrouvent au coeur de ces tempêtes stratégico-écolo-diplomatiques.
Aux îles chagos, le gouvernement anglais a décidé d'instaurer la plus grande réserve marine du monde, faisant remonter à la surface la colère des habitants historiques de l'archipel, les natifs tenus à l'écart de leur île aujourd'hui occupée par les militaires américains.
Au Japon, c'est un peu l'inverse; la préservation d'une espèce menacée pourrait venir contrarier les projet de déménagement d'une base militaire américaine. Cette histoire illustre au passage un certain paradoxe pour le Japon qui réclame par ailleurs haut et fort le droit de chasser les baleines.
Il se trouve que là, les japonais habitants l'île méridionale d'Okinawa tentent d'épargner le destin d'une espèce de mammifère marin qui n'a d'ailleurs ni la majesté des baleines ni l'agilité des dauphins. Il s'agit du Dugong, aussi appelé vache de mer car à l'image du ruminant qui s'affaire dans les prés verdoyants, celui-ci broute les algues de mer....
Cette espèce menacée dont il ne reste que quelques dizaine de milliers de spécimen dans le monde pourraient bien faire échouer un projet émanant de l'une des structures les plus puissantes de la terre, à savoir le pentagone himself.
L'armée américaine dispose d'une base sur l'île d'Okinawa et souhaiterait la déplacer sur la côte orientale dans un endroit actuellement submergé et où viennent se repaître les fameuses vaches aquatiques.
C'est au cours des études de faisabilité du projet de construction dans la baie qu'à été détecté en 1997 la présence du dugong que l'on croyait disparu de ces eaux.
En 2008 le tribunal de San Francisco a donné raison à un groupe américain de défenseurs de l'environnement considérant que le département de la défense ne tenait pas compte des effets de la construction de la nouvelle base sur l'espèce protégée.
Les habitants du coin ont depuis focalisé leur attention sur cet animal et ranimé nombre de légendes et de croyances ancestrales ressurgies du passé. Aujourd'hui ce n'est plus simplement une terre qu'il défendent mais une identité culturelle qui ne saurait supporter la disparition de cet animal totem qui dit on serait à l'origine du mythe des sirènes. Pas banal pour une vache !!
Anne-Laurence MAZENQ, pour la Rédaction.