Avec un prix du pain, du riz, du maïs, du lait, de l'huile ou du soja, qui s'est envolé ces derniers mois dans les pays pauvres, ce sont de véritables émeutes qui ont été signalées ces dernières semaines aux quatre coins de la planète. En Afrique bien sûr, (Sénégal, Burkina, Côtes d'Ivoire, Cameroun), mais aussi en Egypte, en Indonésie, au Pakistan, aux Philippines, à Madagascar et en Thaïlande… « le prix moyen d'un repas de base au augmenté de 40 pour cent en un an dans certains pays dont la moitié de la population (sur)vit avec moins d'un euro par jour », déclarait Jacques Diouf, Directeur Général de la FAO. Pour les spécialistes, cette situation est aussi liée à un paradoxe. Il existe à travers le monde des marchés de plus en plus abondants en nourriture, et au même moment, un nombre croissant de populations ne pouvant plus acheter le minimum vital, tant les prix ont augmenté,( même au marché noir…) « L'agriculture qui assurait encore il y a quelques années un minimum vital aux plus pauvres fait aujourd'hui l'objet d'une concurrence débridée, ce qui déstabilise l'économie de ces pays et décourage les producteurs locaux », ajoute Jacques Diouf. A terme, la situation semble pouvoir devenir dramatique. La conjoncture pourrait faire courir le monde vers un risque sans précédent. Une situation au regard de certains économistes et autres sociologues qui pourrait bien se solder très vite par des guerres et des conflits. Un phénomène accentué par la raréfaction de l'eau sur terre, le changement de climat, et les nouvelles habitudes de consommation des pays émergents…Aujourd'hui, on évalue déjà à 37 le nombre de pays traversant une crise alimentaire très grave… A l'occasion de la tenue récente de la réunion sur le climat à paris, Le Président Sarkozy a annonçait le déblocage de 60 millions d'euros pour l'aide alimentaire en 2008. |
Face à ce constant alarmant, la bonne parade serait sans doute de taper du poins sur la table, à l'ONU par exemple, afin d'aller vers la mise en place d'un système permettant de coordonner un minimum les actions de lutte contre ce fléau, et cela, avec tous les acteurs internationaux,les institutions, les Etats, les ONG et le secteur privé. Un premier pas pour éviter que l'agriculture locale d'un pays soit réduite à néant parce que les exploitants ne parviennent plus à rivaliser avec les exportateurs étrangers, des marchands qui ne voient que par le contexte mondial pour faire des bénéfices. Fabrice HUBERT Economie et Environnement Sources : Ouest France, R.H, 19 et 20 avril .2008 Le Monde, 17 avril 2008
fabrice, pour la Rédaction. |