
Irréaliste, le développement des énergies renouvelables ? Ce n'est pas l'avis du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat ( le Giec) !
Réunis début mai à Abu Dahbi, ces experts ont rendu public un rapport qui éclaire sur l'avenir possible des énergies vertes.
Ils ont ainsi planché sur 164 scénario possibles, dont le plus optimiste conclut que, d'ici à 2050, 77% de l'énergie mondiale pourrait être renouvelable. Biomasse, solaire, géothermie, hydraulique, énergie marine et, bien entendu, éolien pourraient ainsi détrôner la suprématie du nucléaire et des énergies fossiles.
Le scénario le plus pessimiste, en revanche, parle de seulement 15% à la même échéance. Ce qui varie, entre ces deux projections différentes, c'est bien entendu la nature des politiques énergétiques mises en place.
Mais la majorité des pistes analysées donne de l'espoir. Selon le rapport, "la plupart des scénarios estiment qu'à l'horizon 2050, la contribution des énergies renouvelables à une offre énergétique sobre en carbone sera supérieure à celle de l'énergie nucléaire ou des combustibles ".
La progression des renouvelables permettrait ainsi d'éviter de 220 à 560 gigatonnes d'équivalent CO2 entre 2010 et 2050.
Il faut savoir qu'en 2010, les énergies renouvelables présentaient moins de 13% de l'approvisionnement total mondial, contre 85% pour les énergies fossiles (charbon, pétrole et gaz).
Ce sont ces énergies, rappelons-le, qui sont responsables d'une grande partie des émissions de gaz à effet de serre à l'origine du changement climatique. Le nucléaire, lui, représentait l'année dernière 2% de l'énergie mondiale.
Si cette courbe de progression des énergies renouvelables semble si importante, c'est parce que, aujourd'hui, seul 2,5% du potentiel des renouvelables serait exploité à l'échelle planétaire. Ce qui laisse évidemment une très large marge à leur développement.
Il est intéressant de constater qu'en 2009, malgré la crise économique, les énergies renouvelables ont poursuivi leur progression, de plus de 30% pour l'éolien et plus de 50% pour le solaire photovoltaïque.
Autre chiffre à souligner : 50% des capacités de production d'énergies renouvelables sont installées dans les pays en développement, preuve que les énergies vertes sont aussi des facteurs de développement économiques !
Caroline Langlois, pour la Rédaction.