
En 1208, la ville d'Amiens, riche et prospère grâce à son commerce et à son industrie du tissage, reçut une relique remarquable : le crâne de saint Jean-Baptiste.
La relique de celui qui est considéré comme le précurseur du Messie dans la tradition chrétienne était vénérée avec ferveur par des dizaines de milliers de fidèles et de pèlerins.
Cette relique méritait donc d'être abritée dans un édifice somptueux, à savoir la superbe cathédrale Notre-Dame !
Parmi les multiples trésors que contient cet édifice exceptionnel, il faut souligner l'un des plus fameux labyrinthes qui soit.
Dans une brochure officielle consacrée à «
La cathédrale d'Amiens », il n'y a pourtant qu'une dizaine de lignes consacrées à ce labyrinthe. On y lit :
«
Au milieu de la cathédrale, dans un labyrinthe comparable à ceux construits à Rennes et à Chartres, se trouvent inscrits sur des plaques de cuivre des architectes qui se succédèrent de 1220 à 1288. Le dallage, en marbre jaunâtre et en marbre noir, a été refait à la fin du XIXe siècle, il reproduit très fidèlement les figures du dallage précédent. »
A dire vrai, le parcours effectué du labyrinthe est long et est fait tout en tours et détours.
Naguère, afin de mieux capter les ondes telluriques sous ses pieds, on le parcourait pieds nus, voire en «
dansant ».
Dans la mythologie grecque, il s'agit d'une série extrêmement complexe de galeries et de couloirs.
Le labyrinthe octogonal d'Amiens construit en marbre noir et blanc-jaunâtre développe un tracé de 243 mètres pour un diamètre de plus de 13 mètres
Son centre attire aussi tous les regards. Il porte le terme de «
moellon » (photo)et est considéré comme une table d'orientation dont les points cardinaux sont indiqués par une croix en cuivre dont les extrémités sont des fleurs de lys.
Quatre personnages (trois maîtres d'œuvre de la cathédrale et un évêque) ornent le centre, également intitulé «
Maison Dedalus ». A leurs côtés, on trouve quatre anges qui représentent symboliquement Dédale et Icare qui s'échappèrent du « vrai » labyrinthe de Crète, où sévissait le Minotaure, en confectionnant des ailes de plumes et de cire.
Ce labyrinthe est considéré comme une encyclopédie hermétique.
Pierre Guelff, auteur de « La France Mystérieuse, Insolite et Sacrée » aux Editions Jourdan (en collaboration avec les PUF et UD Flammarion).
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Pierre GUELFF, pour la Rédaction.