Inséminer une biche avec un embryon d'une espèce de cervidé différente, voilà qui ressemble à de la science-fiction. C'est pourtant ce qu'ont réalisé les chercheurs de l'Inra (Institut national de recherches agronomiques) et du Muséum d'Histoire Naturelle. Une expérience couronnée de succès puisque dernièrement, à Clermont-Ferrand, une biche commune européenne, de race élaphe, a donné naissance à un petit faon sika, une espèce japonaise. |
Il y a deux ans, les chercheurs de l'Inra étaient déjà parvenus à maîtriser le processus de fécondation in vitro des biches élaphes, trois faons étant nés de cette expérience. L'étape suivante consistait à placer un embryon appartenant à une espèce voisine dans l'utérus d'une biche porteuse, une opération parfaitement réussie avec la naissance de ce petit faon baptisé Milou. Issu d'une espèce non menacée, il n'en est pas moins porteur d'un véritable message d'espoir concernant la protection des animaux en voie de disparition. Les chercheurs de l'Inra et du Muséum espèrent en effet poursuivre l'expérience avec des cerfs du Viet-Nam et des cerfs de Formose, deux sous-espèces menacées proches du sika du Japon. Si les résultats s'avéraient aussi concluants, cela ouvrirait de belles perspectives concernant la protection de la faune sauvage. On pourrait ainsi imaginer voir cette technique se développer et concerner d'autres familles que les cervidés, à condition toutefois que les biologistes parviennent à maîtriser le processus de fécondation in vitro des espèces concernées. A terme, ce procédé pourrait permettre de maintenir, voire d'accroître, la population de certains animaux aujourd'hui en danger d'extinction. |
Néanmoins, de gros problèmes demeurent puisqu'il ne sera pas forcément possible de réimplanter ces bêtes dans leur milieu naturel. Outre le fait qu'ils soient nés en captivité et que leur adaptation à la vie sauvage soit difficile, voire impossible, rien ne pourra être entrepris si des problèmes demeurent concernant leur survie sur les territoires en question. C'est donc bien, avant tout, en protégeant les milieux naturels et en luttant contre le braconnage que les hommes ont le plus de chance de protéger un monde animal de plus en plus menacé partout sur la planète. vincent, pour la Rédaction. |