
Le clou de la cité est le château construit dès le XIIe siècle. Ici, tout respire l'épopée moyenâgeuse : dans les armoiries de Jean de Chaudenay, premier seigneur de Châteauneuf-en-Auxois, je retrouve les coquilles de Saint-Jacques-de-Compostelle, dans la chapelle du château, un superbe saint Jacques peint sur un mur porte une coquille sur le chapeau, le bâton de pèlerin et la besace. Il y aussi Jean, le fils de Jean Ier et d'Isabelle, parti aux Croisades en 1227, et leur autre fils Pierre, Chevalier du Temple.
Et puis, il y a le résultat du fabuleux travail des Compagnons (photo) qui participèrent à l'érection de ce château planté sur un éperon : corniches, rejointoiement des murs de l'ancienne maison forte, charpente du toit composée de vingt-deux fermes devant supporter une couverture de pierres plates calcaires (des lauzes) empilées sur une épaisseur impressionnante, soit une demie-tonne au m² !
Seuls les Compagnons pouvaient mener à terme ce travail difficile et délicat car les bâtiments ne sont pas du tout construits sur un plan régulier : faux angles, courbes, contre-courbes et irrégularités ne facilitaient pas la tâche.
Pour arriver à ses fins, le Maître d'Œuvre appliqua le Nombre d'Or qui, nuance importante, est la Sublime Proportion chez les Compagnons et la Divine Proportion aux yeux de l'Eglise.
Le Nombre d'Or vaut 1,618033…, est désigné par la lettre « phi » de l'alphabet grec en l'honneur de Phidias, sculpteur et architecte grec du Parthénon.
Le Nombre d'Or est une proportion considérée comme esthétique, non seulement dans certaines œuvres architecturales ou picturales, mais dans les spirales des coquillages, le nombre de pétales, la disposition des feuilles des plantes…
Par extension, on a le Rectangle d'Or (le rapport entre la longueur et la largeur vaut le Nombre d'Or), qui est considéré comme le «
secret » du Compagnonnage moyenâgeux ; les Spirales d'Or, la Pyramide d'Or, la trigonométrie…
La Divine Proportion définit aussi le Nombre d'Or.
Revenons-en au toit du château, en signalant qu'il forme également une carapace qui rejette l'eau, capte les forces cosmiques et la lumière pour les répartir dans le bâtiment, tout en reposant judicieusement sur les poutres que les charpentiers avaient enchevêtrées selon le Triangle d'Or et la Sublime Proportion, me fut-il expliqué.
Au salon du premier étage, non loin de la chapelle où les tomettes portent des traces incrustées de pattes d'animaux car on les faisait sécher à l'air libre dans la forêt, j'ai eu la chance de goûter à un concert de flûtes et clavecins avec au programme des sonates de Falconiero ou Falconieri et d'Haendel. Il est à espérer que ce «
plus » lors des visites se perpétue encore.
Dans ce salon, une immense paroi de bois et de maçonnerie sépare en trois parties cette pièce. C'est la seule cloison du genre dans toute la Bourgogne et on y remarque cinq signes compagnonniques.
Pierre Guelff, auteur de "France mystérieuse, insolite et sacrée, deux tomes, Groupe Editions Jourdan-L'Arbre.
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Pierre GUELFF, pour la Rédaction.