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Récupérer l'énergie des vagues la France s'est lancée dans la bataille

NOUVELLES ENERGIES
Chronique du 10-03-2009

Par Vincent Armillon
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LA CHRONIQUE
La nature a ceci de généreux, c'est qu'elle produit des quantités astronomiques d'énergie, sans qu'on lui demande rien. Le problème, c'est que pendant trop longtemps l'homme s'est contenté de puiser dans certaines ressources, sans se préoccuper des résultats et du possible épuisement de celles-ci. Les conséquences de cette irresponsabilité totale se font aujourd'hui de plus en plus cruellement sentir, mais cela a au moins le mérite d'éveiller les consciences et de pousser nos sociétés vers de nouvelles ressources énergétiques. De plus en plus de regards se tournent ainsi du côté des océans et la France a elle aussi décidé de se pencher sur la question.

Un des projets actuellement mené sur notre territoire consiste à transformer l'énergie produite par les vagues, c'est à dire l'énergie houlomotrice, en électricité. Alain Clément, le directeur du laboratoire de Mécanique des fluides de l'Ecole Centrale de Nantes, a ainsi imaginé un système particulièrement ingénieux. Le Système Electrique Autonome de Récupération de l'Energie des Vagues, plus simplement appelée Searev, est en fait un pendule géant. Au sein d'un flotteur clos et étanche, on retrouve une roue suspendue d'un diamètre de neuf mètres et lestée à sa base, ce qui lui donne son effet pendulaire.

Soumise aux assauts des vagues et de la houle, cette structure se met à osciller, ce qui imprime un mouvement pendulaire à la roue qu'elle contient et l'énergie ainsi produite est convertie en électricité. La plateforme, ancrée au large entre 50 et 100 mètres de fond, est conçue pour résister aux tempêtes, un élément très important à prendre en compte et qui a longtemps fait capoter les projets de récupération de l'énergie houlomotrice. De plus, elle est capable de s'orienter automatiquement dans la direction de la houle, ce qui lui assure un rendement optimal dans un environnement où les conditions météorologiques sont très changeantes.

Un protype à l'échelle 1/12e (photo ci-contre) a déjà été construit et placé dans un bassin à Nantes, mais il est beaucoup moins impressionnant que le modèle final qui mesurera 24 mètres sur 14 et pèsera la bagatelle de 1 000 tonnes, dont 400 pour la seule roue pendulaire. Un engin de poids, c'est le moins que l'on puisse dire, qui devrait être installé au large du Croisic dans le courant de cette année. D'ores et déjà, plusieurs pays semblent intéressés par ce projet novateur qui pourrrait avoir le grand avantage de se montrer plus résistant que les structures actuellement développées par les britanniques et qui adoptent une forme en serpent de mer.



A terme, si tout fonctionne bien, ce sont plusieurs dizaines de ces Searev qui devraient être regroupés au sein d'une ferme houlomotrice (schéma ci-dessus) qui sera basée entre 5 et 10 kilomètres de la côte. Avantage non négligeable de cette ingénieuse invention, son impact très limité sur le paysage. Contrairement aux éoliennes qui se voient de très loin et provoquent régulièrement des protestations des habitants des régions concernées, les Searev se révèlent très discrets. Il conviendra d'ailleurs de mettre un bon système de repérage pour préserver les nombreux navires qui croisent le long de nos côtes.

Tout cela n'en est encore qu'au stade de projet, mais il est intéressant de voir que la France a enfin enclenché des actions qui lui permettront de développer des technologies innovantes et de ratrapper le retard qui a pu être pris sur certains pays comme la Grande Bretagne, le Canada et le Portugal, trois nations qui ont pris une longueur d'avance en ce qui concerne les énergies renouvelables marines.

                Vincent Armillon, pour la Rédaction.



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