Depuis plus d'un an maintenant, Belle Ile en Mer doit affronter un gros problème de pénurie d'eau potable. L'année 2005, particulièrement sèche, avait déjà sonné l'alerte. Au 1er janvier de l'année dernière, l'effondrement des réserves disponibles pour alimenter les habitants en eau potable avait contraint les autorités locales à avoir recours à un ravitaillement par bateau, et ce pendant plusieurs mois. |
Cette année, la pénurie semble s'être accentuée, ce qui inquiète les îliens et qui, à l'approche de la saison estivale, suscite encore plus d'appréhensions. Le ravitaillement par cargo et la distribution de bouteilles d'eau avaient permis, l'an dernier de faire face à la situation. En parallèle, des recherches d'eau souterraine ont été entreprises, et des stations de captage des eaux de ruissellement ont été installées. Mais cela reste insuffisant, et le ciel est resté sec. S'il n'y a que 5000 résidants à l'année, la population augmente de 180000 touristes l'été, ce qui posera à nouveau les mêmes problèmes que l'an dernier. C'est donc vers la technique du dessalement de l'eau de mer que la communauté de commune de Belle Ile en Mer se tourne maintenant. Une première installation est entrée en service début avril. Elle va permettre d'augmenter la capacité des réserves, et sera complétée d'ici le mois de juin d'une seconde unité. Cette technique que l'île bretonne met en place est déjà utilisée par d'autres sites touristiques, comme les Baléares par exemple. L'usine de Majorque couvre ainsi près d'un quart de son approvisionnement. A des niveaux très divers, ce sont également l'Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis, le Koweït, et même les Etats-Unis qui produisent une part de leur eau douce de cette façon. |
Londres envisage même d'installer une usine de ce type sur la Tamise. Ce recours au dessalement de l'eau de mer qui utilise le système de l'osmose inverse, s'il permet de pallier au manque d'eau, à tout de même son revers : son coût élevé en terme de consommation d'énergie. Sans parler des rejets d'eau saumâtre que cela implique. Un bien a son mal. C'est pourquoi Belle Ile continue ses études des autres techniques possibles pour faire face à ses besoins. Mais sans conteste, une des mesures les plus immédiates est de faire confiance au civisme des touristes qui vont débarquer cet été sur ce site enchanteur. Economie sera cette année encore le maître mot des hôtes des estivants. Moins de douche, que ce soit à l'hôtel ou au camping… laisser sa voiture un peu sale… Elle peu attendre pour se faire une beauté…. A Belle Ile comme ailleurs, la vigilance reste de mise et le geste citoyen est toujours le premier garant d'une eau durable.
ACTU ENVIRONNEMENT : Un article détaillé sur le dessalement. Pour les férus de techniques, tout sur le dessalement Plus abordable, la page consacrée au dessalement de l’eau de mer sur le site du CNRS philippe, pour la Rédaction. |