
Dans la nature, il existe de nombreux animaux plus ou moins détestés par l'homme. Serpents, araignées et autres requins suscitent ainsi de nombreuses peurs, voire du dégoût et bien peu sont les personnes qui se battent pour sauvegarder ces espèces pourtant si importantes dans l'équilibre des écosystèmes. A l'inverse, certains animaux attirent une grande sympathie et sont parfois devenus de véritables causes internationales, à l'instar des pandas, baleines ou autres grands singes. Pourtant, et c'est là tout le paradoxe, cela ne suffit que trop rarement à les protéger et ces espèces sont à classer parmi les nombreuses menacées d'extinction pure et simple.
Les chimpanzés font partie de cette catégorie d'animaux aimés à travers le monde, mais cela ne suffit pas à leur assurer un avenir radieux. Pourtant, on pourrait penser que le sort de ce primate serait à même de déclencher un véritable élan international en sa faveur puisqu'il est tout simplement le plus proche parent de l'homme sur cette planète. Avec 99% de gênes en commun, humains et chimpanzés partagent un patrimoine génétique quasiment identique et ce n'est pas pour rien que ces animaux suscitent autant de sympathie. De part leur morphologie et leur comportement, ils nous ressemblent d'une manière troublante, mais cela ne suffit pas à les sauver, bien au contraire.
Dans les années 60, on estimait à environ 1 million le nombre de chimpanzés vivant en Afrique. Aujourd'hui, il ne serait guère plus de 100 000 et ce chiffre est en constante régression année après année. Il faut dire que, tout comme de très nombreuses espèces sur la planète, ils doivent faire face à une importante hausse de la démographie humaine qui provoque des dégâts énormes. D'une part, peu à peu, les forêts les abritant sont rasées, que ce soit pour étendre les surfaces cultivables, pour le commerce du bois, ou pour tracer de nouvelles voies de communication, notamment pour l'exploitation des ressources minières des pays concernés.
Pour ne rien arranger, la chair de ces grands singes est très prisée des populations locales. La viande de brousse est en effet très recherchée, notamment car elle reste abordable. Certes, les animaux d'élevage sont présents, mais ils sont souvent considérés comme un véritable patrimoine, une richesse qu'il convient de conserver en l'état, d'où la nécessité de se tourner vers la faune sauvage pour subvenir aux besoins de l'homme. Le problème, c'est que tant que les humains étaient en nombre limités, la nature pouvait représenter une ressource sans qu'il existe un déséquilibre. Mais partout sur la planète, l'homme investit de plus en plus d'espace et se mue en destructeur..

Les chimpanzés payent donc un lourd tribut à la hausse de la démographie humaine ainsi qu'à ses activiltés industrielles, sans parler des maladies telles que le virus Ebola qui n'arrangent rien. S'ils sont encore présents dans 21 pays africains, ils ont en revanche disparu du Burkina Faso, de Gambie, du Bénin et du Togo et sont en danger partout ailleurs, ce qui leur vaut de figurer parmi les espèces en danger de l'UICN, l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature
A terme, cet animal considéré comme le "cousin" de l'homme pourrait donc se retrouver à ranger au rayon des souvenirs et il est désormais essentiel de tout mettre en oeuvre pour le protéger et veiller à préserver son habitat, ce qui aurait en plus pour effet de sauvegarder de nombreuses autres espèces. Cela passe évidemment par des missions d'information et des aides accordées aux populations locales, afin que celles-ci ne soient plus obligées de détruire leur patrimoine naturel pour survivre. Un vaste chantier mais qui peut se révéler efficace, comme l'ont prouvé certains exemples au cours des décennies passées.
Vincent Armillon, pour la Rédaction.