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journal de l'environnement du 10 décembre 07 - Anne-Laurence Mazenq - Publiée le 10-12-2007
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LA CHRONIQUE
La commission européenne veut encourager le stockage souterrain du CO2 en poussant les grandes centrales à charbon à installer des infrastructures adaptées. Ainsi traités, les gaz ne seraient pas comptabilisés dans le calcul
d'émissions des entreprises. L'Allemagne est précurseur dans ce domaine, une expérience à grande échelle a été lancée à 40 km de Berlin, où, sur deux ans, quelque 60.000 tonnes de CO2 pur vont être enfouies à 800 m de profondeur dans une nappe d'eau salée souterraine.
Le projet européen de captage du CO2 doit être présenté fin janvier dans le cadre d'un paquet de législation énergétique.
Des produits du terroir plutôt que des fruits exotiques, des déplacements en vélo ou en train plutôt qu'en voiture ou en avion, chacun peut, par ses choix de consommation, limiter ses impacts sur le climat de la planète. "Nos comportements quotidiens sont responsables de l'émission de 50% des gaz à effet de serre", indique l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie. Le transport à lui seul représente plus du quart des émissions de CO2.
La flambée des prix du pétrole encourage les pays développés à économiser l'énergie et à développer le renouvelable ou le nucléaire, mais elle pousse aussi l'Inde et la Chine à recourir plus que jamais au charbon, moins cher mais très émetteur de CO2.
D'ailleurs le charbon domine dans la production mondiale d'électricité, dont la demande va doubler d'ici 2030. Le charbon sert à fabriquer 40% de l'électricité dans le monde, devant le gaz (20%), l'hydraulique (16%), l'énergie nucléaire (15%), le pétrole (7%), et les autres énergies renouvelables (2%)
Le pétrolier britannique BP a accepté de payer 20 millions de dollars pour mettre un terme aux poursuites engagées contre lui, après deux pollutions de l'Alaska, provoquées par ses oléoducs.
Ces fuites, survenues en mars et août 2006, ont résulté d'une maintenance laxiste sur les équipements. Au total, quelque 760.000 litres de pétrole s'étaient déversés sur la toundra et sur un lac gelé lors de ces deux incidents.
L'Afrique doit s'engager dans la production de biocarburants en prévision d'une raréfaction des énergies fossiles, ont estimé quelque 300 experts et représentants de pays africains, européens et américains à l'issue
d'une conférence de trois jours qui s'est tenue à Ouagadougou. La conférence leur a par ailleurs conseiller d'étudier précisément les possibilités de production d'éthanol et d'huile de coton, et de s'assurer des différents usages de ces nouvelles sources d'énergie pour les générations futures.
annelo
, pour la Rédaction.
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mathieu hangue
a écrit : L'Afrique doit s'engager dans le production d'agrocarburants écrivez-vous. Le résultats de la conférence de Ouagadougou semble plus mitigés. bonne lecture MH Les paysans, grands absents de la conférence de Ouaga sur les agrocarburants 370 personnes venues de 35 pays différents se sont réunies du 27 au 29 novembre 2007 dans la grande salle de conférences de Ouaga 2000 pour une grande conférence internationale organisée par le CIRAD et 2iE, sous le patronage de l'Etat, de la CEDEAO et de l'UEMOA : « enjeux et perspectives des biocarburants pour l’Afrique ». Des gens venus de partout donc, représentant des organismes de recherche, des sociétés privées (même TOTAL), des structures étatiques, des ONG, des Projets de toutes tailles plus ou moins avancés, plus ou moins virtuels, publics, privés… Une fois encore, les représentants des organisations paysannes n'ont pas été invitées. Une fois encore les paysans n'ont pas été invités, eux qui sont les premiers concerné par ce qu'on devrait normalement appeler agrocarburants, plutôt que biocarburants, parce que c'est l'agriculture qui les produit. Parler ainsi de nouvelle filière pour l'agriculture, sans les paysans, relativise forcément la portée d'une telle conférence. Avec un baril de pétrole qui a frisé les 100 $ il y a peu de temps, avec ce qu’on nous dit du pic de production pétrolière qui se rapprocherait, tous les regards se tournent aujourd’hui vers une nouvelle source d’énergie renouvelable : les « agro carburants ». Et avant même que toutes les dispositions légales et réglementaires aient été prises, des initiatives se multiplient partout en Afrique. La lettre d’abcBurkina n°252 vous parlait d’une initiative à Boni… C’est de deux initiatives qu’il s’agit, attirées par l’actif maire de Boni. L’une est appuyée par l’ONG française ICDES (de Grenoble) pour installer une plateforme multifonctionnelle qui sera gérée par la mairie ; l’autre animée par Agritec Faso (une société pas encore bien connue) pour multiplier les semences de Jatropha et créer des pépinières pour implanter cette culture sur l’ensemble du Burkina… Des « projets Jatropha » démarrent : après la mairie de Boni, c’est la paroisse de Kombissiri…Il y en a sans doute d’autres. Plus importante est l’étude que l’Etat Burkinabè a demandé à la SN Citec (DAGRIS) pour le traitement et la transformation des graines de coton en agro carburant avec, à la clé, une usine de triturage et de distillation pour la fabrication de bioéthanol. La capacité de production du Burkina pourrait atteindre jusqu’à 60.000 tonnes d’huile à usage de carburant… si toutes les conditions de production et d’investissement pouvaient être remplies, ce qui est encore loin d’être le cas. Ainsi, cette conférence internationale a permis d’abord de multiples rencontres et échanges d’informations sur toutes les initiatives qui se multiplient… Mali, Niger, Benin, Burkina, personne n’est en reste… et la liste n’est pas close ! Mais voilà, les problèmes sont très nombreux autour de cette nouvelle filière et cette conférence internationale sera un peu pour la sous-région « une première rencontre fondatrice » impliquant presque tous les acteurs (sauf les paysans, hélas !) Que retenir ? Des productions industrielles de agrocarburants en Afrique ont paru possibles aux participants et des investisseurs nombreux se pressent déjà aux portes du continent : • sous réserve que la gestion des terres reste aux mains des communautés locales à l’image de la gestion foncière de la filière coton au Burkina : Société cotonnière, UNPCB, groupements. Donc pas d’aliénation des terres au profit de multinationales qui ne ferait qu’accélérer l’exode rural et la montée des conflits sociaux. • sous réserve que cette production bénéficie d’abord au pays qui produit, comme agro carburant et comme source d’énergie (production d’électricité) ; dans un premier temps, cette production ne serait pas destinée à l’exportation, mais plutôt à économiser sur la facture énergétique et rééquilibrer la balance des paiements plombée aujourd’hui par la facture pétrolière. • sous réserve que ces cultures n’empiètent pas sur les espaces réservés à la production alimentaire (qu’en aucun cas ces cultures ne remettent en cause la souveraineté alimentaire). Une intervention particulièrement bien documentée, à partir de l’exemple malien, peut nous faire douter de la disponibilité de terres nouvelles « libres pour cette nouvelle filière »… Une grande prudence est de mise pour que les agro carburants ne deviennent pas par ce biais des « nécro carburants » , instrument de mort (le mot n’a pourtant jamais été employé durant la conférence internationale). Il ne faudrait pas que les pays les plus pauvres produisent le plein de carburant des plus riches au détriment de leur propre production alimentaire. « Restons vigilants » • sous réserve que cette production permette à tous (gens des villes et gens des campagnes, surtout aux plus défavorisés des campagnes) un accès réel à l’énergie. Des productions locales sont d’abord hautement souhaitables • à l’image de ce qui se fait déjà au Niger et au Mali, mais qui ont échoué à Madagascar… Sans idéaliser les conditions de mise en œuvre pas toujours bien maîtrisées : il y a encore beaucoup de progrès à faire pour maîtriser réellement dans la pratique ces cultures nouvelles : le Jatropha, par exemple, est très vulnérable aux termites ; il peut se contenter de sols pauvres mais sans beaucoup de rendements ; il a été cultivé en haies, mais son comportement en vergers n’est pas bien connu, encore moins en plantations industrielles. • sur des surfaces relativement réduites qui n’empiètent pas sur les cultures vivrières. Les résultats et les bénéfices sont encore aléatoires et s’il faut « learning by doing » (apprendre en faisant), il ne faudrait pas que les risques pour les paysans dépassent par trop le bénéfice escompté. • dans le cadre de projets mis en œuvre et gérés par les communautés locales, de sorte qu’une réelle appropriation puisse se faire par les producteurs, utilisateurs et bénéficiaires, seul gage de réussite. • pour leurs besoins locaux en énergie d’abord : accès à l’électricité par l’alimentation d’un groupe électrogène, mise en route d’un moulin ou d’une décortiqueuse, éclairage pour la maternité ou l’étude des enfants le soir, maintien de la chaîne du froid, ou autres besoins des communautés rurales. Bien sûr, les problèmes ne manquent pas, et, parmi les participants, deux courants se dessinaient : • l’un disait : « Ne soyons pas trop pressés », rien n’est vraiment prêt, poursuivons les tests, les études, les analyses ; mettons en place des centres de recherche. Techniquement aussi, il y a encore tellement de choses qui ne sont pas au point, ne serait ce que les presses à utiliser pour l’extraction efficace des huiles. De plus les conséquences environnementales et culturelles de ces changements ne sont pas maîtrisées. Juridiquement enfin, les cadres législatifs et réglementaires sont parfois inexistants. Bien difficile de se lancer dans des projets de grande envergure dans des conditions pareilles. • Attention, disaient ils aussi ; durant les 30 dernières années, les surfaces cultivées pour l’alimentation ont été augmentées de deux fois et demi (x 2,5) sous la pression démographique, sans que les rendements n’augmentent vraiment. Dans les 10-15 ans à venir, à rendement égal, il faudra encore doubler les surfaces destinées aux cultures vivrières. Quelles terres resteront disponibles pour les agro carburants ? Ou bien, autre façon de poser la question, les agricultures africaines pourront elles relever le défi des rendements avec les moyens dont elles disposent ? • D’autres disaient : « L’Afrique ne doit pas rater le train de cette nouvelle opportunité » qui lui permettra de retrouver, à travers son agriculture, une certaine indépendance énergétique. Il faut se lancer dès maintenant dans des projets déjà bien maitrisés, comme l’utilisation des graines de coton au Burkina, ou le remplacement de la culture de l’arachide par celle du tournesol au Sénégal. Et d’élaborer des stratégies à court, moyen et long terme… Sur le continent, le soleil est si généreux, la biomasse si importante, si abondante que l’on ne peut que souhaiter qu’elle soit mise en valeur, et le plus vite possible… Elle peut l’être, si, en plus des acteurs présents à la conférence, les paysans sont vraiment mis dans le coup et qu’ils y trouvent un intérêt légitime Père Jacques Lacour (SEDELAN) jacqueslacourbf@yahoo.fr www.abcburkina.net (Koudougou, le 4 décembre 2007)
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