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L'élevage devient le principal responsable de l'effet de serre. - Publiée le 10-12-2007

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LA CHRONIQUE
Manger trop de la viande nuit à la santé, manger de la viande nuit aussi à l'environnement. C'est la conclusion d'un rapport de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) rendu public le 29 novembre dernier.
Cela peut surprendre, mais, à l'échelle mondiale, la contribution de l'élevage au réchauffement climatique est plus élevée que celle des transports. Cette réalité est due au fait que les ruminants émettent du méthane et le fumier de l'hémioxyde d'azote [1], deux gaz dont l'effet de serre est respectivement 23 fois et 296 fois plus élevé que celui du CO2.


La consommation mondiale de viande, qui a fortement progressée dans les pays riches depuis l'après-guerre, devrait doubler d'ici à 2050, pour atteindre 465 millions de tonnes par an. Chaque année, alors qu'un américain consomme en moyenne 123 kg de viande, un indien se satisfait de 5 kg dans son alimentation. Une viande qui reste cependant la principale source de protéines pour les populations mal nourries et qui fait vivre, par l'activité économique qu'elle génère, 1,3 milliards de personnes dans le monde.

Aussi, comment réduire ces émissions de gaz, dont le rôle dans le réchauffement climatique devient majeur...

La solution se trouve peut-être dans les travaux d'une équipe de chercheurs australiens qui essaient de transplanter dans le tube digestif des bovins et des ovins, une bactérie présente dans celui des kangourous, et dont la particularité est de faire disparaître le méthane des flatulences des marsupiaux. Un résultat qui serait non négligeable pour certains pays où l'élevage se fait à grande échelle.


En effet, alors que seulement 14% des émissions de gaz à effet de serre en Australie proviennent des ruminants, ce taux monte à 50% en Nouvelle-Zélande où l'élevage est omniprésent.

Ces travaux vont certainement intéresser le monde agricole, de plus en plus montré du doigt pour son impact sur l'environnement, tant en terme de réchauffement climatique, qu'en terme de déforestation, d'usage de pesticides et d'OGM.

Mais cette réponse est-elle la bonne ? Ne se trouve-t-elle pas plutôt dans une rationalisation de la consommation de viande, en particulier dans les pays riches ? Car l'impact de l'élevage est plus large et porte aussi sur l'usage des surfaces agricoles dédiées à l'alimentation du bétail comme sur la consommation d'eau qu'elle implique.

Rappelons que pour faire un kilo de bœuf, il faut 70 000 litres d'eau [2] et 3 à 10 kilos de protéines végétales.

Sans bannir la viande de nos assiettes, il est peut-être temps de revenir, dans nos pays riches, à une consommation raisonnable de protéines animales, en se tournant vers des produits de qualité et d'origine locale, garantissant en plus un traitement respectueux des animaux. Selon, le Conseil Européen de l'Information sur l'Alimentation (EUFIC) [3], deux portions de viande par semaine suffisent pour répondre à nos besoins en protéines.

Aussi, avant de chercher à empêcher les flatulences des bovins, nous pourrions essayer de réduire notre propre consommation de steaks. Notre santé et celle de la planète s'en porteront bien mieux.

Photo vaches : Copyright O. FRIGOUT

[1] Hémioxyde d'azote : N2O.
Molécule « linéaire » que l'on peut représenter comme ceci :
N-N-O et dont la fréquence de rotation (vibration) coïncide avec certaines longueurs d'onde infrarouge. Le mouvement induit est alors source de chaleur.

[2] La quantité d'eau utilisée par kilo de viande varie selon les études.
Selon Georg Borgstrom, de l'Université du Michigan, 21 000 litres d'eau sont nécessaire pour produire 1 kilo de viande de boeuf. L'Université de Californie l'estime à 44 000 litres. Enfin, une commission des Nations Unies rapporte le chiffre de 70 000 litres d'eau par kilo de viande de bœuf dans une étude publiée en 2004. Ces chiffres prennent en compte non seulement l'eau pour abreuver les bêtes mais également celle nécessaire à produire leur nourriture, évaluée aux Etats-Unis à 100 kilos de fourrage et 4 kilos de grains par kilo de bœuf produit.

[3] EUFIC
Sources : Yahoo Actu

                olivier, pour la Rédaction.


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lucie a écrit : Végétarienne depuis l'enfance, je m'en porte très bien... j'ai 57 ans, toutes mes dents, et je ne suis pas un prédateur pour les animaux que j'aime trop pour les consommer ! Faites comme moi !!!

Jean-Pierre CANOT a écrit : Le pet de kangourou pollue moins que celui du bovin ! C’est la très sérieuse FAO (organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture qui a porté le pet : les flatulences de bovin et d’ovin, par le méthane qu’elles contiennent seraient une des causes importantes de l’altération de la couche d’ozone. Cri de victoire des défenseurs des droits de l’animal et des sectes végétariennes, il faut supprimer la consommation de viande et donc l’élevage ! L’Homme de demain en plus d’être asexué, sera donc végétarien et bien sûr ne devra plus fumer ni boire d’alcool. Pourra-t-il toutefois encore roter et péter, dans son intimité bien sûr ? Ce que l’on oublie dans la grande farce du développement durable, c’est qu’à force de sérier les problèmes dans une approche purement verticale, les effets secondaires d’un processus global, bénéfique par ailleurs, deviennent la cause de désordres qu’engendrerait ce processus. Un constat brutal veut en effet que le méthane des pets et éructations des animaux d’élevage ait autant d’importance dans l’émission des gaz à effet de serre que le secteur des transports. On ne dit rien de la hiérarchie dans l’utilité respective de chaque secteur et on oublie aussi de dire que la durée de vie du méthane dans l’atmosphère est de 10 ans contre 50 ans pour le gaz carbonique, ce qui au passage montre qu’incinérés la couche d’ozone nous oubliera moins vite qu’enterrés normalement, mais que nous participerons plus longtemps à la pollution au lieu de contribuer au cycle vital de l’azote ! Si encore une fois on approche le problème dans sa globalité, méthane et gaz carbonique émis à des titres divers par le secteur agricole, contribuent en dehors de la dégradation de la couche d’ozone à la production d’une biomasse, indispensable pour notre alimentation et bien de nos activités. Cette biomasse est de la matière organique qui par définition contient des atomes de carbone. Ce carbone provient presque exclusivement du CO² (gaz carbonique) de l’atmosphère que la production végétale, naturelle ou par le secteur agricole recycle en permanence par le jeu de la photosynthèse. Si l’on entend donc mesurer la contribution du secteur agricole, élevage inclus à l’émission de gaz à effet de serre, c’est d’une émission nette, à la sortie du bois ou de l’exploitation, dont il faut parler et on doit pouvoir constater, contrairement aux idioties proférées ça et là qu’elle est infinitésimale, ce qui n’empêche absolument pas que l’on doive diminuer les émission et chercher à augmenter le recyclage du CO² Le protocole de Kyoto a conduit les pays dits civilisés à la situation ubuesque de création de droits d’émission pour les industries, on a vu récemment que la cession de ces droits en bourse permettait à des sociétés d’équilibrer leur compte d’exploitation voire de dégager des marges substantielles ce qui ne pouvait être fait dans le cadre de l’objet normal de leur activité. Nous allons vraisemblablement vers la même chose pour les émissions animales, bovins ovins et sans doute humains. Dans nos économies en perdition où nous guette le chômage généralisé, fèves haricots et autres féculents ont un bel avenir, la poudre sans fumée chère aux pétomanes du siècle dernier permettra-t-elle enfin par la négociation en bourse des droits d’émission de nos gaz intimes à effet de serre, de nous sortir de ce fléau du chômage ? La devise du Kyoto 2, qui pour 2012 se prépare ces jours-ci pourrait ainsi être : « Pour t’enrichir point ne pèteras, mais tes envies aux autres céderas ! » Bergerac le 9 décembre 2007 Jean-Pierre Canot auteur de « Apprends-nous plutôt à pêcher ! ».

olivier a écrit : Tout est question de mesure. Cet article ne contient pas certaines données qui par ailleurs ont été abordées à l'occasion d'autres articles, mais la question centrale reste : ne devons-nous pas revenir à un équilibre, nous, pays riches, avant que l'accès à la consommation de l'ensemble de la population mondiale ne fasse craquer le système. Nous sommes d'abord malade de "consommationnite aigue", ce qui a pour conséquence, en plus d'altérer les ressources et de les épuiser, de nous contraindre à faire produire à l'étranger, avec les perte d'emplois que cela représente. Nous ne vivons plus que du service, ce qui explique notre incapacité à redresser nos comptes publics et nous expose à une pénurie d'abord d'énergies puis de denrées, à venir. L'Homme n'est pas libre, il est contraint par la nature à la mesure, à la bonne gestion, à la mise en perspective de ses choix, sous peine de voir s'éteindre son espèce.



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