Il y a des chiffres qui font froid dans le dos.
Celui là par exemple: chaque année 10% des voyageurs à travers le monde s'adonnent au tourisme sexuel.
10% sur un total de près de 900 millions de touristes annuel selon un rapport publié le 2 juin 2007, pour la première journée mondiale pour un tourisme responsable.
Le tourisme sexuel est ainsi le 3e commerce illégal au monde par ordre d'importance après les trafics de drogue et d'armes.
Alors attention: quand on évoque les touristes sexuels on parle aussi bien des écarts occasionnels d'un homme d'affaire ou d'un touriste en quête d'exotisme que des voyageur dont le seul but est la recherche de prostituée, majeure ou non. Et parmi eux, beaucoup de pédophiles.
Cette situation est dramatique car ce sont les pays les plus pauvres qui souffrent le plus de ce fléau.
Et les gouvernements ferment souvent les yeux sur ce genre de pratique car le tourisme est une manne importante pour leur économie.
L'industrie du sexe à l'étranger peut prendre des formes diverses. Des femmes ou des hommes qui se prostituent pour vivre ou comme à Cuba des accompagnatrice, des "jineteras" qui proposent aux touristes occidentaux de les accompagner durant leur séjour et leur offrent leurs services en échange d'argent.
Et puis il y a le tourisme sexuel avec les enfants. C'est-à-dire des individus qui n'ont pas atteint leur majorité sexuelle (en France elle est de 15 ans pour les filles).
L'organisation ECPAT: un réseau d'associations présent dans 73 pays qui vise à éradiquer la prostitution des enfants estime à 126 millions le nombre d'enfants exploités sexuellement à travers le monde.
Des tours opérateurs se sont même spécialisés dans ce tourisme sexuel: ainsi l'association "Egalité maintenant" demande depuis 3 ans la condamnation de l'américain G&F Tours qui propose ouvertement des voyages de plaisir en Thaïlande et aux Philippines.
L'Asie est l'une des principales destinations de ce genre de tourisme mais la prostitution est présente dans tous les pays, y compris les Etats occidentaux.
En revanche une majorité écrasante des clients vient des Etats Unis, d'Europe mais aussi de plus en plus de Chine ou de Malaysie.
"Clients" plus que clientes car les femmes ne représentent que 4% de ces touristes sexuels. En quête de sexe bon marché, plus facile et qui les expose moins à des poursuites judiciaires.
Alors face à ce fléau, la communauté internationale est assez impuissante malgré les rapports, les commissions et autres engagements depuis une vingtaine d'années.
Il faut dire que le tourisme sexuel pose problème sur le plan juridique international.
En 1996, 122 pays se sont engagés à Stockholm à criminaliser cette pratique et à lutter contre. Mais le vide juridique est encore grand.
Sachez qu'en France, le tourisme sexuel est passible de 7 à 20 ans de prison et de 100.000 euros d'amendes.
L'industrie touristique est d'ailleurs consciente de sa responsabilité.
Plus de 300 organisations de près de 90 pays se son rassemblées au sein de la coalition pour un tourisme responsable dans le but de promouvoir un tourisme sain et respectueux.
L'ECPAT fait aussi un énorme travail auprès des tours opérateurs pour les sensibiliser à ce problème.
Enfin, le Guide du Routard a mis en place une charte de bonne conduite du voyageur.
Vous trouverez sur son site un dossier très documenté sur le tourisme sexuel. Car tout commence par une bonne information du voyageur.
Sources: Guide du Routard et ECPAT
ECPAT Guide du Routard Egalité maintenant 2 juin : journée mondiale pour un tourisme responsable Coalition internationale pour un tourisme responsable Article sur le tourisme sexuel de Franck Michel paru dans le Monde diplomatique d'août 2006 Association contre la prostitution des enfants (vidéo + photo)
Grégory LESCA , pour la Rédaction.