Pollutions, tabagisme, changements alimentaires et autres facteurs environnementaux sont à l'origine de l'augmentation des cas chez l'enfant. Des enfants qui, selon la façon dont ils sont nourris, ne sont pas égaux face à cette maladie. Les scientifiques cherchaient à vérifier une hypothèse selon laquelle les allergènes inhalés par la mère seraient transmis aux enfants via le lait maternel. Ils supposaient que cette voie d'administration permettait de rendre les nourrissons tolérants à ces allergènes, grâce en particulier à un immunosuppresseur [1] présent naturellement et en quantité abondante dans le lait, appelé TGF Beta. Ce facteur de croissance joue un rôle dans la régulation de la réponse immunitaire. Pour y parvenir, ils ont imaginé de comparer la prévalence de l'asthme chez les souriceaux entre deux groupes de souris allaitantes : le premier groupe étant constitué de mères exposées à de l'air contenant l'allergène, le second de mères non exposées. Les souriceaux n'étant pas exposés, seul le lait maternel constituait alors le lien avec cet allergène. L'allaitement était ainsi la seule voie de transmission de la molécule allergisante. L'étude a ainsi montré que le passage de l'allergène par le lait maternel, associé à la présence de cet immunosuppresseur, réduisait de 60 à 80% la réponse immunitaire chez les souriceaux. Il ne fallait en outre que 3 à 4 heures pour que l'allergène soit détecté dans le lait après l'exposition des souris allaitantes. On peut ainsi imaginer que l'exposition à des molécules allergisantes par le biais de l'allaitement participe à réduire le risque d'intolérances, qu'elles soient à des allergènes respiratoires, mais aussi et pourquoi pas alimentaires. L'allaitement maternel serait alors la meilleure façon de préparer son enfant à sa vie futur dans l'environnement dans lequel il est né et dans lequel il vivra, qu'il soit sain ou pollué, allergisant ou non. |

Le lait maternel livre ainsi l'un de ses secrets, une découverte qui devrait convaincre un peu plus les futures mères et les professionnels de santé du bien-fondé de l'allaitement maternel. Les industriels, quant à eux, chercheront à tirer profit de cette découverte en proposant des laits de substitution riches en TGF Beta. Mais il restera difficile d'imiter la nature, en particulier lorsqu'elle touche autant à l'intimité biologique qui relie une mère et son enfant. Leurs efforts seront malgré tout une solution de rechange pour celles qui ne peuvent, pour différentes raisons, allaiter leur enfant. Pour toutes les autres, ces résultats sont une nouvelle justification de cette méthode, qui reste malgré tout encore tabou et difficile à mettre en oeuvre en public. [1] On entend par immunosupressive, la capacité d'une molécule d'empêcher l'activation du système immunitaire et de favoriser au contraire le developpement d'un état de tolérance. Le TGF-beta est une molécule que l'on retrouve en quantité abondante dans le lait maternel et qui est connue pour ses effets immunosuppresseurs. La présence dans le lait de TGF-beta s'est avérée nécessaire pour induire un état de tolérance chez le nouveau né allaité par des mères exposées à un allergène . Sources : INSERM PRESSE Source photo olivier, pour la Rédaction. |